XXVII OCTOBRE. — P. ANTOINE KONIASS
livres, surtout à ceux que les prédicants semaient de tous côtés à profusion pour corrompre la pureté de la foi. Ses compag-nons d'apostolat affirment qu'il en arracha des mains des fidèles et en jeta au feu plus de trente mille. Un riche seigneur avait dans son château une imprimerie clandestine, au service de l'hérésie. Le missionnaire l'apprend et, avec l'appui de l'autorité publique, il fait saisir les presses, charge sur douze chariots tous les ouvrages qu'il trouve au manoir et les livre aux fiammes. A cet acte de vigueur apostolique, le gentilhomme entre en fureur; mais peu après, assistant à un sermon de l'homme de Dieu, il se convertit et devient l'ami et le plus zélé collaborateur de celui dont il avait juré la perte.
C'était en effet une des industries du P. Koniass ; à la presse qui propageait l'erreur, il opposait celle qui défendait la vérité. La BihliotJieque de la Compagnie cite tel de ses opuscules, écrit en tchèque et en allemand, qui se répandit à plus de cent mille exem- ' plaires. Après les travaux du jour, le P. Koniass consacrait une partie de la nuit à la composition de ses ouvrages de controverse et de piété, et à de longs entretiens avec Notre-Seigneur dans la prière ; et comme si les fatigues de son apostolat n'avaient pas encore suffi à contenter son désir de se consumer pour le salut des âmes, il y ajoutait de très rudes mortifications extérieures et faisait de son corps une victime d'expiation. Cet homme admirable mourut frappé par un coup soudain à l'âge de soixante-neuf ans, dont il avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.
Litter.T onn. Provinc. Bohem. onnn 1760 (Archiv. Rom.). — Sommeiivo- GEL, Biblioth., t. 4, p. 1187. — Pelzel, Boemische Gelehrte, p. 184.