I" NOVEMBRE
*Le premier jour de novembre de l'an 1675, mourut à Trieste le P. Antoine Joanelli, né à Bergame, mais entré au noviciat de Leoben, dans la Province d'Autriche, où il passa toute sa vie religieuse. C'était un homme d'une vertu consommée, vénéré comme un saint par les Nôtres et par les étrangers. Ses flagellations sanglantes, ses jeûnes et ses autres pénitences, son angélique pureté, son union à Dieu, les grâces extraordinaires qu'il avait plus d'une fois obtenues par l'intercession de saint François Xavier lui avaient mérité cette réputation. Le P. Joanelli avait en effet une dévotion particulière au grand apôtre des Indes. II ne refusait rien de ce qu'on lui demandait en son nom, et il en obtenait lui-même tout ce qu'il voulait.
Un Scolastique déjà désespéré des médecins était sur le point de rendre le dernier soupir. Le P. Joanelli célébra la messe pour lui à l'autel du saint; et s'approchant ensuite du moribond: « Vous ne mourrez point, lui dit-il avec assurance ; car lorsque je ne serai plus, c'est vous qui devrez promouvoir le culte de saint François Xavier ». Le Scolastique revint en effet à la santé. On cite encore d'autres faits du même genre. Quand le P. Joanelli fut à son tour sur son lit de douleur, consumé par la maladie qu'il avait contractée, dit-on, en soignant les pauvres, il ne cessait de s'entretenir avec le P. Marcel Mastrilli, un des plus illustres clients de son saint bien aimé. Il mourut un vendredi, ainsi qu'il l'avait désiré; il était âgé de soixante-sept ans et en avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.
Siimmar. vitœ defiinct. Prov. Austr. (Archà>. Boni.).
* Le premier jour de novembre de l'an 1734, mourut dans une sainte vieillesse à Laibach le F. Mathias Raffpôck, Coadjuteur temporel, modèle accompli des vertus de son degré. Il se sanctifia par sa fidélité aux petites choses et son incomparable attention à bien faire tout ce dont il était chargé. Il y apportait tant de soin et de perfection qu'il était comme passé en proverbe de dire quand un office- était bien rempli : « C'est le F. Mathias qui s'est occupé de cela ». Ce saint Frère paraissait insensible à la fatigue ; il travaillait sans nul souci de lui-même, presque au-delà de ses forces.
I^"" NOVEMBRE. F. MATHIAS RAFFPÔCK. 347
« Quand je ne pourrai plus travailler, disait-il, je demanderai à Dieu de mourir ; car je ne suis entré dans la Compagnie que pour m y dépenser à son service ». Le F. Mathias Raffpock expira très saintement à l'âge de soixante-quatorze ans, quarante-iiuit ans après son entrée au noviciat.
Litlerae aiin. Provinc. Austr. ann. 1734 (Archiv. Rom.).