IV NOVEMBRE. — F. CHRISTOPHE FERLINGER. 3S
semblait porter un brasier dans sa poitrine. Une modestie angélique et qui rappelait, disait-on, celle de saint Louis de Gonzague illuminait ses traits et inspirait le respect et le recueillement.
Sa piété ne le détournait pas du travail. 11 se portait au contraire avec une ardeur extraordinaire à toutes les occupations de son degré, surtout aux plus humbles et aux plus pénibles. Il faisait toute chose avec une application, que plusieurs étaient tentés de trouver excessive, mais qui lui était inspirée par son grand esprit de foi. Au témoignage de ses compagnons, la seconde année de son noviciat ne fut qu'une suite ininterrompue des plus belles vertus. Notre-Seigneur se hâtait de faire mûrir ce fruit qu'il voulait bientôt cueillir. Le F. Swinckerick fut atteint d'une maladie de langueur qui ne tarda pas à devenir menaçante ; il l'accueillit avec joie et reconnaissance comme le meilleur présent des mains de Dieu et l'agréable messagère de son prochain départ pour le ciel. Il expira saintement, presque au lendemain du jour où il s'était donné à Dieu et à la Compagnie par les premiers vœux.
Histor. Provinc. Gernian. Superior., t. 4, decad. 9, n. 615 seqq., p. 453 seqq.
* Le quatrième jour de novembre de l'an 1635, mourut à Constance le F. Christophe Ferlinger, Coadjuteur temporel, victime de son dévouement au service des pestiférés. 11 avait rempli avec une grande perfection les offices de sacristain et de portier , et s'était surtout signalé par une tendre charité envers les pauvres.
-qui venaient demander l'aumône à la porte du collèg-e. Cependant, lorsque la peste se déclara dans la ville, le F. Ferlinger ne put se défendre d'un vif sentiment de crainte et d'une sorte d'horreur. Mais par la force d'une âme habituée à la lutte, dominant ces révoltes involontaires, il s'offrit à servir de compagnon aux prêtres qui allaient assister les malades, et nul ne fit paraître plus d'ardeur et d'intrépidité. Frappé par le redoutable fléau, il accepta les souffrances et vit venir la mort avec une joie extraordinaire, montrant ainsi, dit l'historien de la Province de Haute-Allemagne, qu'il y a plus de joie à vaincre la nature qu'à lui laisser l'empire. Le F. Ferlinger était âgé de cinquante-et-un ans et en avait passé vingt-sept dans la Compagnie.
Alegamde, Heroes et Victini..., p. 380. — Histor. Provinc. German. Superior., t. 5, decad. 10, n. 635, p. 353.
* Le quatrième jour de novembre de l'an 1718, mourut à Ska- •litz en Hongrie le P. Jean -Gglski, après avoir consacré les trentesix dernières années de sa vie à l'évangélisation des villes et des campagnes. Trois mille hérétiques ou schismatiques lui durent leur retour à la vraie foi. Son incomparable charité et ses autres ■vertus apostoliques lui avaient acquis la réputation d'un saint et donné une autorité à laquelle ne pensaient pas à résister ceux mêmes qui méconnaissaient les lois de Dieu et de l'Eglise. Ainsi on le vit plus d'une fois imposer des amendes à ceux qu'il rencontrait, les jours de dimanches et de fêtes, occupés à des travaux