‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 210 sur 322 · III NOVEMBRE. — P. REMI KÛFFERLIN · texte numérisé non relu

III NOVEMBRE. — P. REMI KÛFFERLIN

rait fidèle à ses exercices de piété ; il redisait souvent la belle prière de saint François Xavier : O Deus, ego amo te, et son visage s'éclairait d'une douce joie. Enfin ses forces cédèrent aux attaques redoublées du mal, et le généreux disciple de la croix remit saintement son âme entre les mains de Dieu, à l'âge de quarantecinq ans, dont il avait passé vingt-et-un dans la Compagnie.

Summar. vitae defunct. Provinc. Bohent. {Archiv. Rom.).

* Le troisième jour de novembre de l'an 1812, mourut à Polotsk , victime de son dévouement au service des malades, le P. Rémi KûFFERLiN, né à Scheer en Souabe. A l'âge de quarante-trois ans, jaloux de suivre de plus près Notre-Seigneur, il abandonna son bénéfice et traversant toute l'Allemagne, alla demander une place parmi les novices de la Compagnie à Diinabourg. Sa maturité et son expérience lui firent bientôt confier la direction spirituelle des jeunes religieux de langue allemande. On ne saurait dire, écrit son biographe, le bien qu'il leur a fait par ses exhortations- communes, ses entretiens particuliers et l'exemple de ses vertus. Ame droite et sans feinte, obéissant en toutes choses aux supérieurs avec empressement et l'air épanoui, faisant bien tout ce qu'il faisait, il était véritablement chéri de Dieu et des hommes. Cette vertu aimable était prête aux plus grands sacrifices.

Les hôpitaux de Polotsk regorgeaient de soldats allemands entraînés en Russie à la suite de Napoléon. Ces malheureux, blessés ou malades, gisaient pêle-mêle, étendus sur le sol, sans secours, A. G. I. — T. II. — 45.

dévorés par la vermine, en proie à la faim, à la soif, clans une atmosphère empestée. Le P. KiifTerlin s'enferma au milieu d'eux, leur prodiguant du matin au soir les secours de la plus héroïque charité, leur distribuant des vêtements, du pain, des remèdes, et par-dessus tout les consolant, les réconciliant avec Dieu et les aidant à bien mourir. Trois mois entiers, il poursuivit cette œuvre de dévouement et d'abnégation avec une ardeur et une constance qui ravissaient le cœur de ces pauvres soldats et de leurs officiers. Mais tant de fatigues épuisèrent ses forces ; il expira après quelques jours seulement de maladie, heureux de donner sa vie, à l'exemple du bon Maître, pour le salut de ses frères. Il avait vécu huit ans dans la Compagnie.

Summar. vilœ defunct. in colleg. Polocens. 1749-1815 (E ms. Provinc, Galic).

IV NOVEMCRE

Le quatrième jour de novembre de l'an 1669, mourut au collège de Klattau en Bohême, le P. François Freidenberg, âgé de trente-et-un ans, dont il avait passé un peu plus de quinze dans la Compagnie. Au noviciat de Briinn, le Père Maître des novices l'appelait le séraphin du tabernacle, tant il paraissait pénétré au pied des autels de la présence sensible de Dieu. A défaut de la grâce des missions et du martyre, qu'il désirait ardemment, il s'était offert à ses supérieurs pour professer toute sa vie les dernières classes de nos collèges, et enseigner aux enfants les premiers éléments de la grammaire et du catéchisme. La faiblesse de sa santé le fit retenir dans sa Province ; il y remplit l'emploi de ministre à peu près depuis son sacerdoce jusqu'à sa mort. Les jeunes professeurs, les Frères Coadjuteurs et les malades devinrent par dessus tout l'objet de sa vigilante charité ; il avait un art merveilleux et des délicatesses, qui rappellent celles de saint Ignace, pour leur conserver tout à la fois le dévouement religieux, les forces du corps et la joie de l'àme.

Lui seul ne se jugeait digne d'aucun soulagement ; bien que tourmenté par une fièvre qui ne le quitta presque pas durant des années entières, il ne laissait pas de porter habituellement le cili-

ce, et de se flageller chaque jour, inspirant ainsi une salutaire confusion et une sainte émulation aux religieux les moins mortifiés. La grande dévotion du P. Freidenberg était d'adorer et de louer, pour ainsi dire à chaque instant, la Très Sainte Trinité ; il invitait tour à tour les saints, les anges et toutes les créatures à la glorifier et à la bénir avec lui. Les trois personnes divines l'en récompensèrent plus d'une fois par des grâces très précieuses. Une des dernières années de sa vie, Notre-Seigneur daigna lui apparaître et le féliciter d'avoir mis dans cette Trinité adorable toutes ses espérances de salut. Dans une autre circonstance semblable, le divin Enfant lui montra le haut degré de gloire dont il devait un jour être couronné dans le ciel.

Summar. vilœ defunctor. Provinc. Bohem. (Arch. Rom.). — Patrignani, Menolog., 4 noi>., p. 25.

* Le quatrième jour de novembre de l'an 1627, mourut à Landsberg le F. Jean Swinckerick, Coadjuteur temporel, emporté dans la première fleur de son âge, mais déjà religieux d'une vertu consommée. Au noviciat de Landsberg, où il avait été conduit, par une disposition toute spéciale de la divine Providence, à l'âge de dix-neuf ans, il parut dès le premier jour le modèle des plus avancés. Il fit en particulier de tels progrès dans l'oraison, que les prêtres eux-mêmes se mettaient en quelque sorte à son école pour apprendre de lui le secret de s'entretenir avec Dieu. Les jours où il avait reçu le corps de Notre-Seigneur, le F. Schwinckerick

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