XIII NOVEMBRE
* Le treizième jour de novembre de l'an 1635, mourut à Constance le P. Paul Layman, théologien moraliste et canoniste également renommé. Il était né à Inspruck d'une noble et riche famille. Lorsqu'il fut entré au noviciat de Landsberg à l'âge de dix-neuf ans, en compagnie du célèbre P. Jacques Bidermann, sa mère, quelques-uns de ses autres parents et l'archiduc d'Autriche Ferdinand lui-même, mirent tout en œuvre pour le ramener dans le monde. Sa résolution n'en fut pas même ébranlée. Il enseigna seize ans la théologie morale et sept ans le droit canon à Ingolstadt, Munich et Dillingen avec une très haute réputation. Les plus habiles maîtres avaient recours à ses lumières et se disputaient ses leçons. A peine les eut-il publiées qu'elles devinrent classiques, et depuis les éditions en ont été multipliées sans nombre.
Le P. Layman était en même temps un religieux d'une rare vertu, profondément humble, d'une simplicité aimable et gracieuse, toujours égal à lui-même, comme un homme qui a toutes ses pensées en Dieu. Lorsque l'armée suédoise se jeta sur Dillingen pour en faire le siège, les supérieurs l'obligèrent à quitter la ville ; il se réfugia à Constance. Il y fut bientôt atteint d'un mal de nature contagieuse. Aux premiers symptômes inquiétants, il se retira lui-
même dans un appartement écarté, aimant mieux mourir dans l'isolement que d'être une cause de péril pour ses frères. Cependant un jeune religieux, n'écoutant que sa générosité et le bien de l'Eglise, voulait offrir sa vie pour sauver celle du grand théologien. A cette nouvelle, le P. Layman proteste de toutes ses forces ; il ne souffrira point, dit-il, un tel échange, et il demande qu'on l'abandonne au bon plaisir de Dieu. Il expira peu après, âgé de soixante ans, dont il avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.
JuvENCius, Histor. (ms.) Societ. Jesit, part. 6^, lib. 2, p. 138 (Arch. dom.J. — Histor. Provinc. Gerinnn. Super., t. 5, dec. 10, n. 374 seqq., p. 175 seqq. — Drews, Fasti Soc, 13^ noi>., p. 445. — Sotuei.lus, Biblioth., p. 652. — Sommekvogel, Biblioth., t. 4, p. 1582.