XII NOVEMBRE. P. BALTHAZAR STROMAIR
fait le signe de la croix. Il mourut à l'âge de cinquante-deux ans environ ; il en avait passé vingt-huit dans la Compagnie.
Nadasi, Ann. dier. memor., 12^ nov., p. 273.
Le douzième jour de novembre de l'an 1715, le P. Balthazar SïROMAiR mourut à Munich, sa patrie, en grande réputation de vertu. Il était âgé de soixante-cinq ans et en avait passé cinquante dans la Compagnie. Dès l'âge de cinq ans, il avait été prévenu d'une grâce extraordinaire. Contemplant un jour le ciel illuminé par le soleil levant, il fut pénétré d'un très doux et très profond sentiment de la beauté, de la puissance et de l'amabilité divine, et son cœur fut attiré vers Dieu et les choses du ciel avec une force irrésistible. Toute sa vie il garda l'impression de cette première grâce. La présence de Dieu lui devint comme naturelle ; à peine se voila-t-elle à ses yeux pendant quelques mois de son noviciat, pour mettre sa fidélité à l'épreuve si pénible, mais si salutaire, des désolations intérieures et de l'ennui.
Appliqué aux études du juvénat, il y conserva intacte cette fleur de dévotion et cette ferveur sensible qui, loin de le détourner du travail, l'y attachaient au contraire avec plus d'ardeur, comme à la volonté certaine de Dieu; il y fit de tels progrès dans la connaissance des langues anciennes, que plus tard, pendant sa philosophie, il écrivit en grec un résumé des ouvrages d'Aristote qu'il avait à étudier. Une générosité toute surnaturelle pouvait seule le soutenir, et le soutint en effet jusqu'à la mort, au milieu des
grandes fatigues qu'il eut à supporter avec une santé toujours chancelante. La ferme confiance que Dieu lui donnerait les forces d'esprit et de corps dont il avait besoin pour travailler, lui avait de bonne heure inspiré la résolution de ne laisser passer aucun jour sans quelque rude mortification.
Chargé de la direction des novices, des Pères du troisième an' et du gouvernement des collèges, pendant une grande partie de sa vie, le P. Stromair mit toujours en pratique, avec une bénédiction visible de Dieu, cette belle maxime qu'un supérieur doit avant tout être père ; pour lui, disait-il, il aurait mieux aimé perdre quelque chose de sa dignité que de sa charité.
Patrign.'^.ni, Menolog., 12 iiov.^ p. 82. — Sommervogei., Biblioth., t. 7, p. 1647.