‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 239 sur 322 · XXII NOVEMBRE. — P. ANDRÉ MATUSSEK · texte numérisé non relu

XXII NOVEMBRE. — P. ANDRÉ MATUSSEK

Summar. vitx defunct. Provinc. Rheni Inferior. [Archiv. Rom.). — Cor- DAR.V, Histor. Soc. Jesu, part, 6» , lib. 11, n. 71, p. 24. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Inferior., lib. 16, p. 635.

* Le vingt-deuxième jour de novembre de l'an 1753, mourut à Tyrnau le P. André Matussek, avec la réputation d'un grand ouvrier apostolique. Il avait déclaré une guerre implacable au péché. A peine, dit l'auteur de son éloge, se formait-il dans la cité quelque dessein coupable qu'il ne le rompît ; il écartait, avec autant de fermeté que de prudence, les occasions d'offenser Dieu ; il dissipait les causes d'inimitiés et de querelles entre les voisins et les familles, et ramenait parmi eux la concorde et la paix. Il serait long de raconter, ajoute le même auteur, combien le P. Matussek a converti d'hérétiques, sauvé de malheureux voués aux plus tristes pratiques de la superstition et de la magie.

Mais son œuvre principale paraît avoir été l'assistance des moribonds. Nul, pour ainsi dire, ne mourait dans la ville, sans l'avoir auprès de lui. Il avait obtenu le privilège, toutes les fois qu'on viendrait demander un confesseur pendant la nuit, d'être appelé de préférence à tout autre ; et tel était son empressement, qu'il devançait toujours à la porte le Frère qui devait l'accompagner. Le P. Matussek expira plein d'une douce confiance et d'une sainte joie ; il était âgé de cinquante ans, et en avait passé trente-deux dans la Compagnie.

Frid. Weiser, Vitas Patrum... in Hungaria... Koloczw 1886, p. 48.

"408 MÉNOLOGE S. f. ASSISTANCE DE GERMANIE. I.

* Le vingt-deuxième jour de novem]:)re de l'an 1762, mourut à Saint-Morand, petite résidence de la Province de Haute-Allemagne, le P. Elzéar Schuellkr, du diocèse de Lausanne, religieux d'une sainteté consommée. Il avait pris pour modèle saint François Régis et, au témoignage de l'auteur de sa notice, il en imita, avec une perfection non commune, les vertus caractéristiques, la patience et la charité. A son exemple, il supportait sans se plaindre les railleries ou les mépris des hommes et, ce qui est plus pénible, de graves réprimandes et même de rigoureuses pénitences de la part de ses supérieurs, pour des fautes qu'il n'avait pas commises. Il acceptait tout en silence, sans dire un mot pour se justifier, et savourait avec délices son humiliation.

Il n'imita pas moins fidèlement la charité du grand apôtre. Comme lui il se dépensa dix années entières dans les rudes travaux des missions, annonçant la parole de Dieu aux populations des vallées et des montagnes, et recueillant partout en abondance des fruits de conversion et de salut. Un acte d'héroïsme couronna celte vie de dévouement au service des âmes. En assistant un malheureux atteint de la peste, le P. Schueller contracta le même mal, et pour qu'il fût semblable dans la mort comme dans la vie à son modèle, il expira presque abandonné. Il était âgé de quarante-neuf ans, et en avait passé trente-et-un dans la Compagnie.

Summar. vitse defunctor. Provinc. Germaii. Superior., anno 1762 (Archiv. Rom.).

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