XVI JUILLET
Le seizième jour de juillet de l'an 1654, mourut à Wurtzbourg le Frère Coadjuteur Jean Ackermann, de Neustadt, compagnon des deux martyrs Josse Mayeringh et André Martini, dont il partagea en grande partie les cruelles tortures pour la foi. Surpris par les hérétiques au pied du Saint Sacrement, dans notre résidence de Rouffach, et traîné à la maison de ville par une troupe de soldats qui l'accablaient de coups et d'outrages, en lui disant d'appeler à son secours la très sainte Vierge et les saints, il y fut renversé tout sanglant d'un violent coup de sabre à la tête, et laissé pour mort, sous les cadavres de ses compagnons. Mais Dieu le conserva pour rendre à ces saints martyrs un glorieux témoignage devant les hommes, et servir encore lui-même de modèle à nos Frères par son humilité et sa patience pendant vingt ans. Il expira pieusement à l'âge de cinquante-quatre ans ; il en avait passé trente dans la Compagnie.
Summar. vitse defunct. Provinc. Rheni Super. (Archiv. Rom.}. — Nadasi, Annus dier. memor., 16^ jul., p. 3.3. — Voir les notices du P. Josse Mayeringh et du F. André Martini, 1«""® part., 15 février, p. 152.
* Le seizième jour de juillet de l'an 1735, mourut à Vienne dans la maison professe le P. François-Xavier Brean, un des plus célèbres prédicateurs de la Province d'Autriche au commencement du dix-huitième siècle. Dès sa première apparition dans la chaire, vers l'âge de trente ans, il conquit les suffrages et l'admiration de son auditoire ; et quatre ans après, sa réputation grandissant sans cesse, il fut appelé à la cour, où il se fit entendre vingt-deux années de suite, jusqu'à ce que l'épuisement complet de ses forces le contraignît de se retirer. Cependant, dit l'auteur de sa notice, le P. Brean n'avait nul souci de ces sujets brillants qui ne tendent qu'à plaire. 11 avait une plus haute idée de là dignité de sa mission, C'est dans l'Evangile et les enseignements de Notre-Seigneur qu'il allait puiser. Il traitait d'ailleurs la parole de Dieu avec un admirable respect. Quelle que fût la facilité naturelle de son talent, il s'était imposé la règle invariable d'écrire et d'apprendre par cœur, jusqu'au dernier mot, chacun de ses discours. Ainsi rien n'était abandonné au hasard, et nulle parole moins exacte ou moins mesurée ne lui échappait. Cependant comme il ne savait ni amoindrir la vérité ni transiger avec les fausses maximes du monde, quelques courtisans s'offensèrent de la sainte liberté de son langage, où ils voyaient une censure de leur vie ; ils s'en plaignirent à l'empereur comme d'une audace qui avait besoin d'être réprimée. Le souverain, qui était alors Charles VI, répondit qu'il se garderait bien de blâmer son prédicateur ; il le loua au contraire de comprendre et de remplir si dignement son devoir.
Obligé par de fréquents crachements de sang de renoncer à la chaire, le P. Brean fut nommé, à la demande de l'empereur, pré-