XV JUILLET. — P. CONRAD REIHING
Le quinzième jour de juillet à Munich, l'an 1634, mourut en exil le P. Conrad Reihing, chassé d'Aug-sbourg sa patrie par les Suédois. Il était Recteur du collège de cette ville, lorsque les troupes de Gustave-Adolphe s'en emparèrent. Durant une année entière de persécutions et de menaces, il demeura ferme à son poste avec une intrépidité qui fît l'admiration des ennemis eux-mêmes. On le regardait comme le principal soutien de cette église désolée ; et quand les vainqueurs voulurent imposer aux prêtres et aux religieux un serment de fidélité incompatible avec leurs devoirs les plus sacrés, ce fut à la voix du P. Reihing qu'ils choisirent l'exil, plutôt que de consentir à offenser Dieu. Le P. Reihing mourut à l'âge de soixante-et-un ans ; il en avait passé quarante-et-un dans la Compagnie.
Histor. Provinc. German. Superior., t. 5, p. 31 et suii>., 128 et suiv., 257. — SoMMERvoGEL, BibUotli., t. 6, p. 1625.
Le quinzième jour de juillet de l'an 1655, mourut à Ingolstadt le P. Jean Siegersreiïter, singulièrement appelé de Dieu à la Compagnie et à une très haute sainteté. Il étudiait au collège de Dillingen et y menait une vie fort légère, lorsqu'il fut chargé dans une représentation théâtrale, de jouer le rôle d'un pécheur revenu à Dieu . Il se sentit tout à coup tellement pénétré des motifs et des sentiments de douleur qu'il exprimait que les larmes le gagnèrent; et à peine eut-il quitté la scène, qu'il promit à Notre- Seigneur et à sa sainte Mère de changer de vie. Le premier fruit
de cette résolution fut de demander à faire les Exercices de saint Ignace ; quelques jours après, il entrait au noviciat, et sa ferveur ne se démentit jamais.
Il fut successivement Recteur des collèges de Ratisbonne, de Dillingen et de Munich, Maître des novices, Instructeur des Pères de troisième probation. Un jour, pendant qu'il assistait à une pièce dramatique dans ce même collège de Dillingen, où Dieu l'avait si inopinément converti, une tête de mort roulant par hasard du haut du théâtre, vint s'arrêter à ses pieds. Cet incident, si simple en apparence, fut accompagné d'une telle lumière et d'une telle grâce, que pendant les vingt-sept années qu'il vécut encore, le P. Siegersreitter ne passa plus un jour sans avoir la sainte pensée de sa dernière heure devant les yeux. Chaque soir, il se mettait dans l'état d'un homme qui doit mourir pendant la nuit, et s'efforçait de gagner une indulgence plénière et de satisfaire à la justice de Notre- Seigneur par une rude pénitence. Ses derniers moments furent pleins de confiance et de joie : « 0 mort, si longtemps attendue, disait-il, tu peux venir, tu ne m'effraieras pas. Je me suis préparé à te recevoir, autant qu'il m'a été possible ; et si Dieu me laisse vivre encore, je me préparerai toujours mieux ; mais quand il voudra, je suis prêt » ! Le P. Siegersreitter mourut à l'âge de soixante-douze ans ; il en avait passé cinquante-et-un dans la Compagnie.
Nadasi, Ann. dier. memorab., 15* jul., p. 31. — Id., Pretiosse occupât., c. 34, n. 5, p. 277. — Patrignani, Menol., 15 luglio, p. 137.