XXVII NOVEMBRE. P. ATHANASE KIRCHER
le à la pieuse chapelle, et les Souvei'ains Pontifes, à la sollicitation du P. Kircher, l'enrichirent de nombreuses et riches faveurs. Le saint relig-ieux signa de son sang une formule de consécration à son auguste protectrice et voulut, en témoignage de reconnaissance, la laisser suspendue jusqu'à sa mort à la sainte image. « Afin que la postérité le sache, disait-il en terminant, je déclare, ô Marie, que tout ce que j'ai pu acquérir jusqu'ici d'érudition et de savoir, et écrire qui mérite quelque louange, je le dois bien moins à mon travail et à mes efforts qu'à un bienfait spécial de votre maternelle bonté, à un rayon de la lumière et de la sagesse éternelle. En foi de quoi, j'ai signé cet écrit de mon sang, et à cet autel j'ai suspendu ma plume, que je vous consacre en action de grâces... Moi, votre pauvre, misérable et indigne serviteur.., Athanase Kircher ». Ce grand homme mourut très saintement à l'âge de soixante-dix-huit ans, dont il avait passé soixante-deux dans la Compagnie.
SoTUELLus, Biblioth.y p, 92. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Inferior., lib. 15, p. 506 seqq.\ lib. 16, p. 548 seqq., 587 seqq. — Karl Brisch.vr, s. J., p. Athanasius Kircher, Ein Lebensbild, Wilrtzburg, 1877. — Notice sur la vie du P. Athanase Kircher écrite par lui-même et traduite en français... 1847 {ms. Archiv. dom.). — Sommeuvogel, Biblioth., t. 4, p. 1046. — A. Vermeerscii, S. .J., Le sanctuaire de la Mentorella et le R. P. Kircher, S. J., Cf. Précis historiques 1891, p. 105-123. — Duhr, Jesuiten-Fabeln, p. 665 et suiv. — Leibniz, apud Duhr, op. cit., p. 667, note 3. — Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie, t. 4, chap. 4, p. "^11 . — Feller, Dictionn. histor., t. 3, p. 742. — Biographie univers.
XXVIII DECEiMBRE
* Dans la seconde moitié du mois de novembre de l'an 1700, moururent martyrs de la charité sur le vaisseau qui les emportait aux Indes orientales les Pères Guillaume Weber de la Province du Haut- Rhin et Guillaume Mayer de celle de Haute-Allemagne. Après s'être distingués l'un et l'autre dans les ministères apostoliques, ils avaient obtenu du Père Général Thyrse Gonzalez la faveur de se dévouer au salut des infidèles du Malabar. Ils s'embarquèrent à Livourne au mois de novembre 1699, et après un long et pénible voyage à travers la Méditerranée, l'Asie Mineure, l'Arménie et la Perse, arrivèrent au même mois de novembre de l'année suivante à Bender-Abbassi, à l'entrée du Golfe Persique, où ils prirent passage à bord d'un navire en partance pour Goa.
Les deux religieux, à l'exemple de saint François-Xavier, commencèrent aussitôt leur apostolat et recueillirent des fruits abondants de salut. Une occasion ne tarda pas à se présenter de donner un plus large essor à leur zèle et à leur charité. Une maladie contagieuse éclata sur le navire, frappant à coups redoublés parmi les gens de l'équipage et les passagers. Les Pères Weber et Meyer n'attendirent pas qu'on fît appel à leur dévouement. Avec la générosité d'hommes qui depuis longtemps ont fait le sacrifice de leur