VI DÉCEMBRE. P. NICOLAS AVANCINUS. 4S
illusoire. Il était, on peut le dire, l'ennemi irréconciliable de son corps ; ses flagellations se prolongeaient parfois une demi-heure entière; il fallait que l'obéissance mît un frein à ces pieux excès. Vers la fin de sa vie, le F. Ambroise Grassinger perdit un œil ; il s'en réjouit vivement et en remercia Dieu. « Les fenêtres se ferment, disait-il agréablement ; c'est un signe que je quitterai bientôt cette demeure pour aller à mon Père ». De cruelles souffrances vinrent s'ajouter à cette épreuve ; il les accueillit avec amour et reconnaissance : « Servons le Seigneur dans l'allégresse », disait-il souvent. Il expira au jour et à l'heure qu'il avait annoncés d'avance, la veille de la fête de son bienheureux patron, à l'àgc de quatre-
vingt-un ans.
Summar. vitiv de/'nnctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.).
* Le sixième jour de décembre de l'an 168G, mourut à Rome le P. Nicolas Avancinus, tyrolien, entré dans la Compagnie au noviciat de Gratz à l'âge de quinze ans. Il occupa tour à tour les chaires de rhétorique et de philosophie à Gratz, celles de théologie à Vienne, fut préfet général des études, Recteur des collèges de Passau, Vienne et Gratz, Provincial Visiteur de la Province d'Autriche et Assistant d'Allemagne. Il venait d'être désigné par le P. Charles de Noyelle pour prendre après lui .le gouvernement de la Compagnie, en qualité de Vicaire Général, lorsqu'il fut emporté par la mort, six jours avant le P. de Noyelle lui-même, à l'Age de soixante-quatorze ans. Au milieu de tant d'emplois dif-
ficiles et considérables, le P. Avancinus fit paraître une sagesse, une science et une vertu toujours supérieures à ses fonctions ; et si accablé qu'il fût sous le poids des affaires, il sut trouver dans son amour de l'étude et son zèle de la gloire de Dieu le loisir et la force de composer une multitude d'ouvrages sur les sujets les plus variés.
On connaît surtout ses méditations sur la vie et la doctrine de Notre-Seigneur. Peu de livres ont eu un plus universel et plus durable succès. Depuis sa première apparition en 1665, les éditions et les traductions dans presque toutes les langues de l'Europe se sont succédé jusqu'à nos jours, et selon le vœu le plus cher de ce digne fils de saint Ignace, n'ont cessé de faire connaître et aimer le nom et le cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
SoTUELLUs, Biblioth., p. G23. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 17. — SoMMERVOGEL, BibUotli., t. 1, p. 668.
* Le sixième jour de décembre de l'an 1728, mourut à Wurtzbourg, où il enseigna la théologie plus de vingt-cinq ans, le P. Etienne Donung, « que l'on peut bien appeler, dit l'historien de la Province du Haut-Rhin, un parfait religieux de la Compagnie. » En effet, toutes les vertus de notre vocation brillaient en lui d'un vif éclat ; une obéissance entière qui ne voyait que la personne de Dieu dans les supérieurs et n'entendait que sa voix dans tous les ordres : une pauvreté rigoureuse qui ne souffrait rien de superflu ni de curieux dans sa chambre ; une chasteté angélique qui se