‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 275 sur 322 · XII DECEMBRE · texte numérisé non relu

XII DECEMBRE

Le douzième jour de décembre de l'an 16S2, fut massacré par les Tartares, dans la province du Kouang-si en Chine, le P. André KoFFLER, autrichien, plus connu dans les relations italiennes et portugaises sous le nom d'ANDRÉ Xavier. Il avait pris en effet, dès son entrée dans sa mission, le nom du grand apôtre des Indes, pour mieux s'animer, par ce perpétuel souvenir, à toutes les vertus de l'apostolat. Aucun missionnaire, dans ces régions lointaines, ne fît de plus illustres conquêtes. L'impératrice-mère et les deux dernières reines de la dynastie chinoise furent baptisées par les mains du P. Koffler, avec un des fds mêmes de l'empereur, le jeune prince Constantin.

Mais Dieu permit que de si belles espérances fussent bientôt ensevelies sous les ruines du trône et de la famille entière de Vanlié. Surpris par une troupe de Tartares victorieux, qui lui demandèrent, le sabre à la main, quelle doctrine il professait, le P. André se contenta, pour toute réponse, de faire le signe de la croix, en prononçant ces paroles : « Per signuni crucis de inimicis nostris libéra nos, Deus noster ! » et, à l'instant, les vainqueurs lui fendirent la tête en forme de croix, et l'abandonnèrent baigné dans A. G. I. — T. II. — 59.

son sang. Le P. Koffler était âgé de quarante-huit ans et en avait passé trente-trois dans la Compagnie.

MicH. BoNBARDi, Uiidetii Grœcenses acadeinici suo sanguine purpurati, p. 108. — Stôger, Scrîptor. Provinc. Austr., p. 190. — Stôcklein, Der neiie Welt-Bott, l«'"e part., p. 28, 43, 114. — Pla.tzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten..., p. 42. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 1156. — PfiSTER, Notices biograph. et bibliogr., p. 85. — Crétineau-Joly, Histoire de la Compagnie de Je'sus, t. 3, c/i. 3, p. 180. — Guidée, Menai., 12 déc, p. 395.

* Le douzième jour de décembre de l'an 1749, au collège Saint- Clément à Prague, mourut en grande vénération le P. François- Xavier Heisler, d'une illustre famille de Presbourg en Hongrie. Dès l'âge de douze ans, il s'était présenté au noviciat pour servir Jésus-Christ dans le renoncement et l'humilité. Refusé à cause de sa trop grande jeunesse, il revint deux années après et fut admis. La suite de sa vie fut digne de si généreux débuts. Professeur de philosophie, de théologie morale, de droit canon, Substitut pendant neuf ans pour l'Assistance d'Allemagne, Recteur du collège de Prague et Provincial, le P. Heisler fut toujours l'homme du dévouement et de la plus grande gloire de Dieu.

Son application aux devoirs de sa charge était, au dire de son historien, non seulement pleine et entière, mais opiniâtre, jusqu'à compromettre sa santé. Pour être plus assuré de ne pas innover et de ne pas s'écarter de l'esprit et des traditions de la Compagnie, il avait recueilli de tous côtés dans nos histoires de nombreux cas d'Institut, avec les solutions qui leur avaient été données, et il

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