XIV DECEMBRE
Le quatorzième jour de décembre de l'an 1706, mourut à Cologne le P. Nicolas Elffen, né d'une famille hérétique, dans le diocèse de Trêves, mais appelé de bonne heure, par une protection spéciale de Dieu, à la lumière de la foi catholique et à la Compagnie de Jésus. Aucun orateur sacré de la Province du Bas-Rhin n'a laissé une plus haute réputation d'éloquence, d'esprit apostolique et d'influence pour faire de ceux qui se mettaient sous sa conduite, autant d'apôtres et de promoteurs de la plus grande gloire de Dieu. Plusieurs d'entre eux, même au milieu du monde, et dans les plus éminentes charges de l'Église et de l'Etat, parvinrent à une haute perfection.
Dans une courte notice que lui consacre la Bibliothèque de Cologne, nous trouvons parmi ses pénitents le prince Christian de Saxe, Maximilien, électeur de Cologne, les cardinaux évoques de Goritz et Raab, le gouverneur des Pays-Bas, des ministres de l'empereur et de l'électeur de Mayence, qui lui confiaient leur âme et ne voulaient vivre et gouverner qu'en vrais chrétiens, et suivant les avis de l'homme de Dieu. Après ces quelques détails malheureusement trop courts, sur les travaux du P. Elffen, le P. Hartzheim, voulant, dit-il, résumer en peu de mots une si belle vie, termine
son éloge par ces paroles dont nous craindrions d'afi'aiblir l'énergie par une simple traduction : Paucis : cultuni divinum, salutem et perfectionem proximorum, et exemplo, et verho igneo, et scriptls li- />ris, undequaque^ ipse, ingens exempluni i>iri spiritu divino pleni, de se promoi^ebat, cœlesti facundia eructans verbuni boniwif Tous confessaient cpie le P. Elffen semblait avoir accompli, dans toute son étendue, son glorieux titre de secours des âmes, selon l'étymologie de son nom. Il mourut à l'Age de quatre-vingts ans, dont il avait passé soixante-deux dans la Compagnie.
Summar. vitœ defunctor. Provinc. Rhcni Inferior. (Archiv. Rom.). — II.vRïZHEiM, Biblioth. Colon.^ p. ^oh. — Sommervogel, Biblioth.^ /. 3, /?. 373.