‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 280 sur 322 · XV DECEMBRE · texte numérisé non relu

XV DECEMBRE

Le quinzième jour de décembre de l'an 1745, mourut à Trêves, au milieu des novices, comme il l'avait désiré, le P. Ferdinand LiMPENS, après avoir gouverné tour à tour les collèges de Neuss, de Geyst, de Munster, de Goblentz, de Cologne, le séminaire de Trêves et la Province entière du Bas-Rhin. Tandis que les études sérieuses allaient s'afTaiblissant au dix-huitième siècle en Europe, on sait que, grâce à l'initiative de quelques-uns de nos Pères, elles tendaient à redevenir, dans les Provinces du Bas-Rhin et de l'Autriche, aussi florissantes que jamais.

Or une grande partie de ce mouvement pour remettre en honneur les traditions mêmes de saint Ignace, fut le résultat des efforts et des exhortations du P. Limpens ; il regardait comme un des principaux devoirs de sa charge, d'appeler souvent les scolastiques et les jeunes professeurs, de les animer au travail en toute manière et de leur faire comprendre l'importance que notre Bienheureux Père attachait à la science éminente de ses enfants. Le P. Limpens unissait lui-même en un très-haut degré la sainteté et la doctrine. Ses contemporains nous assurent qu'il a laissé une vive image de toute sa vie religieuse dans son beau livre intitulé: Pratique pour parvenir à se sanctifier soi-même et à sanctifier le

prochain, d'après les règles de la Compagnie de Jésus. Il mourut dans la soixante-troisième année de son âge et la quarante-cinquième depuis son entrée dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Rheni Inferior. {Archiv. Rom.).

Hartzheim, Bihlioth. Coloniens., p. 334. — Sommervogel, Biblioth., t 4, p. 1838.

* Le quinzième jour de décembre de l'an 1729, le P. Bernard JosT, du diocèse de Bàle, mourut saintement au collège de Bibourg, dans la Province de Haute-Allemagne. Après avoir parcouru toute la carrière de l'enseignement depuis la grammaire jusqu'à la théologie, il fut élevé aux charges les plus importantes. Maître des novices. Recteur, Provincial, partout, dit son biographe, prœcelluit virtiitibiis prorsus exquisitis. Il avait choisi pour règle de gouvernement cette maxime si digne d'un fils de saint Ignace : nil sine Numine. Et de fait, il ne prenait aucune détermination sans avoir consulté Notre-Seigneur dans la prière ; mais une fois la volonté de Dieu connue, il mettait sans hésiter la main aux plus difficiles entreprises, et ne doutait pas un moment qu'il ne dût les conduire à bon terme.

A cette énergie surnaturelle, à cet esprit de foi qui se reflétait dans les traits de son visage et toute sa personne, le P. Jost unissait une suavité et une affabilité merveilleuses et toutes-puissantes qui lui gagnaient les cœurs. Jamais personne, disait-on, ne l'avait quitté sans avoir recueilli quelque bonne parole et être devenu

Page 1