‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 284 sur 322 · XVII DECEMBRE · texte numérisé non relu

XVII DECEMBRE

Le dix-septième jour de décembre de l'an 1608, mourut au collège d'ingolstadt, à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, dont il avait passé cinquante-trois dans la Compagnie, le P. Paul Hoffée, regardé avec le bienheureux Canisius, comme le restaurateur de la foi catholique en Allemagne. L'archiduc Albert de Bavière, un des plus sages et religieux princes de son temps, disait de ces deux grands hommes, en empruntant les expressions d'une antienne des saints apôtres : « Petrus Canisius et Paulus Hoffœus ipsi nos docuerunt legem tuant. Domine. Pierre Canisius et Paul Hofîée nous ont appris. Seigneur, à connaître et à pratiquer votre loi » .

Tour à tour Recteur des collèges de Vienne, de Prague, de Munich et d'ingolstadt. Visiteur, Provincial, Assistant d'Allemagne, le P. Hoffée embrassait partout du même zèle le clergé, les princes, les savants, les élèves de nos collèges, les congréganistes de la sainte Vierge, mais surtout les enfants de la Compagnie. Souvent, en exhortant ceux-ci à se sanctifier d'abord eux-mêmes, pour mieux sanctifier ensuite les âmes, et à ne jamais négliger la moindre prescription de nos règles, il ajoutait avec une aimable simplicité : « Je crains bien, sans cela, que vous ne veniez un jour, comme plusieurs autres, me demander des prières pour vous tirer des

flammes du purgatoire. » Dans ses derniers moments, il ne faisait plus que s'entretenir avec Jésus-Christ, Notre-Dame et les saints ; il fut sensiblement consolé par la visite d'une très sainte Ame, qui l'avait précédé de deux ou trois jours à peine dans le ciel, et l'invitait à venir lui-même jouir enfin de la vue et de l'amour éternel de Dieu.

JuvENCius, Histor. Societ. Jesu, part. 5*, lib. 25, § 3, p. 854. — Litterse ann. Societ.^ cinno 1609, p. 327. — Sotuellus, Biblioth., p. 648. — Tanner, Societ. Jesu apostol. imitatr.. p. 382. — Nadasi, Ann. dier. memor., 17" dec, p. 329. — Drews, Fasti Soc, 17" dec, p. 495. — Patrignani, Menol., 17 die, p. 137. — Socherus, Histor, Provinc. Austr., p. 100, 104. — ScHMiDL, Histor. Prov. Bohem., t. J, lib. 2, passini. — Agricola, Histor. Prov. German. Super, t. 1, dec. 4, n. 2G2, p. 181 ; t. 2, n. 143, p. 40; /. 3, n. 933, p. 394. — Nierem3erg, Varones ilustres, nouv. e'dit., t. 6, p. 44. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 422.

* Le dix-septième jour de décembre de l'an 1648, mourut à Klattau en Bohême, où il avait accompagné les troupes impériales, le P. Georges Pelinga, né à Olmutz en Moravie. Dieu l'avait choisi pour le salut d'un grand nombre d'Ames. Cependant le P. Pelinga, content d'une perfection commune, ne s'était signalé d'abord par aucune vertu extraordinaire, lorsqu'un acte d'obéissance généreusement accompli le changea tout à coup en un homme nouveau et en fit un saint. Il avait reçu avis de ses supérieurs de se préparer à enseigner la philosophie ; nulle destination ne répondait mieux à ses goûts et à ses aptitudes ; il se mit au travail avec une ardeur joyeuse, et déjà il saluait avec bonheur la prochaine ouver-

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