‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 290 sur 322 · XIX DECEMBRE · texte numérisé non relu

XIX DECEMBRE

Le dix-neuvième jour de décembre de l'an 1678, le Frère Goadjuteur Paul Scherner mourut au collège de Kommotau en Bohême, après seize années de vie religieuse, passées presque tout entières dans la charge d'infirmier. Mis de bonne heure, par ses pieux parents, entre les mains de nos Pères d'Olmutz, le F. Scherner avait parcouru sous leur direction tout le cercle des études littéraires et philosophiques. Mais le désir de servir plus humblement Notre- Seigneur lui fit solliciter, à vingt-trois ans, la grâce d'être reçu en qualité de Coadjuteur temporel ; et depuis le jour de son entrée jusqu'à celui de sa sainte mort, il n'aspira jamais qu'à se voir traité comme le dernier de tous, acceptant et demandant même pour son usage ce qu'il y avait de plus vil dans la maison. Il faisait toutes ses prières à genoux, et souvent, lorsqu'il se croyait sans témoin, prosterné la face contre terre ou les bras étendus en croix. Surpris un jour en cet état par un de nos Pères, qui lui conseilla de se ménager un peu plus, vu l'état de faiblesse oi^i il se trouvait alors : « Ah ! mon Père, dit-il, c'est là au contraire que je puise ma force, aussi bien que toute ma joie ».

Pour se tenir plus recueilli en présence de Notre-Seigneur, le F. Scherner renouvelait au son de chaque heure un acte d'amour

de Dieu et de contrition, et saluait en même temps la très sainte Vierge, qu'il suppliait humblement d'être la gardienne de sa vocation. Les approches de la mort ne lui inspirèrent que de la joie. Il répétait souvent avec son bienheureux patron, l'apôtre saint Paul : Ciipio dissolvi et esse cum Christo. Gomme on lui demandait à ses derniers moments, s'il n'éprouvait aucune peine ou inquiétude : « Non, par la grâce de Dieu, répondit-il, parce que je crois avoir toujours fait mon possible pour observer mes règles, depuis mon entrée dans la Compagnie ».

Summar. vitie defunctor. Provinc. Bohem. (Arch. Rom.). — Pathignani, Menol., J9 die, p. 155.

* Le dix-neuvième jour de décembre de l'an 1673, mourut à Munster-Eiffel le P. Christian Knaust, du diocèse de Cologne, qui, à part les années de formation religieuse et littéraire, passa toute sa vie dans l'emploi de procureur. Aux qualités propres de sa charge, il joignait les vertus d'un parfait religieux, la fidélité à la règle, l'esprit d'oraison, l'amour de la croix. Tombé entre les mains de brigands hérétiques sur la route d'Osnabriick, il fut brutalement dépouillé par eux, accablé de coups et de mauvais traitements, chargé de chaînes et jeté dans un cachot à Arnhem, où il languit plusieurs mois, sans que rien lui fît perdre le calme de son âme ni la sérénité de son visage.

Par amour de la pauvreté et respect pour les biens de Notre- Seigneur, le P. Knaust usait d'une scrupuleuse exactitude dans

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