XVIII DÉCEMBRE. P. LOUIS PUELL
' Le dix-huitième jour de décembre de l'an 1796, mourut à Polotsk, peu de temps après son élévation au sacerdoce, le P. Louis PuELL, âgé de vingt-neuf ans, dont il avait passé dix dans la Compagnie. Il était né d'une noble famille tyrolienne. Le désir de ressembler au grand saint, dont il portait le nom, et une tendre dévotion à la très sainte Vierge l'avaient incliné, dès ses premières années, vers la Compagnie de Jésus. Celle-ci était alors reléguée dans la Russie-Blanche, presque aux extrémités de l'Europe; et les médecins avaient déclaré au jeune homme et à sa famille qu'entreprendre un si long voyage, c'était courir à une mort certaine. Louis était en effet d'une constitution délicate et si maladive qu'il ne pouvait pas même supporter le mouvement d'une voiture, sans éprouver de violents vomissements. Mais rien ne put ébranler sa résolution: avec des peines infinies, il fît un pèlerinage à un sanctuaire de la sainte Vierge ; et par la puissance de cette miséricordieuse Mère de Dieu, guéri de son infirmité, il prit la route de Polotsk.
Sa piété, sa modestie, son amour de la règle au noviciat, pendant sa régence et ses études, le faisaient comparer à saint Louis de Gonzague, son modèle préféré. Une vertu si parfaite promettait un ouvrier capable de grandes choses pour le service de Dieu et l'honneur de la Compagnie, lorsqu'il fut emporté prématurément par une maladie de langueur. Quand il fut sur le point d'expirer, on vit ses yeux se remplir de larmes. Le prêtre qui l'assistait lui demanda s'il n'avait pas quelque crainte de la mort : a Non, non, répondit-il, je ne la crains pas ; je pleure, parce que je me rappelle les bienfaits de la bonté divine à mon égard ; j'ai
vécu dix ans clans la Compagnie, et je meurs dans la Compagnie ! Dieu soit béni dans les siècles des siècles » ! Et peu de temps après le P. Puell remit à Dieu son âme très pure en baisant son crucifix.
Summar. vitiv defunct. in colleg. Polocens. 1749-1815 {E ms. Provinc. Galic.].