‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 297 sur 322 · XXIII DECEMBRE · texte numérisé non relu

XXIII DECEMBRE

Le vingt-troisième jour de décembre de l'an 1655, mourut au collège de Fribourg, en odeur de sainteté, le P. Jean de Fégely, célèbre dans toute la Suisse par ses exploits militaires, son renoncement à la gloire du monde, et ses trente années du plus laborieux apostolat. Issu d'une de ces vieilles familles, où la vertu comme le courage étaient héréditaires, il avait suivi, dès sa jeunesse, à l'exemple de ses ancêtres, la carrière des armes, et était parvenu aux plus hauts grades de l'armée française. Louis XIII l'avait même chargé de faire rentrer dans le devoir ses états de Bretagne ; et Jean de Fégely s'était acquitté de cette tâche avec autant de modération que de bonheur. Revenu en Suisse pour se reposer quelques mois dans sa famille, et témoin des victoires que les successeurs de Ganisius remportaient sur l'hérésie, cet intrépide capitaine se sentit pressé tout à coup d'échanger le service des rois de la terre contre le service du roi du ciel, et alla frapper à la porte du noviciat.

Surpris d'une détermination si soudaine, les supérieurs de la Compagnie en Suisse l'engagèrent à se rendre à Rome, et à soumettre sa vocation aux lumières et à la décision du P. Mutins Vitelleschi. Jean de Fégely part sans délai, expose sa demande au

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