‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 298 sur 322 · XXIII DÉCEMBRE. P. GEORGES CISZAR · texte numérisé non relu

XXIII DÉCEMBRE. P. GEORGES CISZAR

Père Général, et après avoir obtenu de redevenir enfant avec les novices, pour apprendre à se dévouer désormais uniquement à la gloire de Dieu Notre-Seigneur et au bien des âmes, il se rend à l'instant même, encore suivi de ses domestiques et de ses amis, au noviciat de Saint-André. Après s'être fait conduire dans une cellule vacante : « Ici, dit-il, sera dorénavant pour moi le repos et la vie ». Puis se dépouillant de ses insignes militaires, il déposa son épée au pied de la croix; et se tournant vers ses amis consternés : « Retournez à Fribourg, ajouta-t-il, annoncez à ma famille ce que vous avez vu ; et dites-lui de ne plus s'occuper de moi que pour l'éternité ».

Trente ans après, au terme d'une vie de prière, de charité et de sacrifices, les funérailles de l'homme de Dieu étaient tout h la fois un deuil public et une pompe triomphale que ses concitoyens célébraient en son honneur ; et le peuple dont il avait soutenu la foi lui décernait hautement dans ses prières le titre de bienheureux » . Le P. Jean de Fégely était âgé de soixante-quatre ans.

SoMMERvoGEL, BibUoth., t. 3, p. 586. — CnÉTiNEAu-JoLY, Hïstoîre du Sonderbund, t. 1, ch. 1, p. 404 et suù'. — Notice sur le P. Jean de Fégely (ms. Archiv. doni.). — Elogium P. Joanii. a Fegely (Histor, Colleg. Friburg., p. 229-237. Archiv. dom.).

* Le vingt-troisième jour de décembre de l'an 1681, mourut dans la mission de Thurocz en Hongrie le P. Georges Ciszar, à l'âge de quarante-trois ans, dont il avait passé vingt-deux dans la Compagnie. Il avait d'abord occupé les chaires d'hébreu et de théologie

morale, et venait depuis trois années seulement d'entrer dans la carrière apostolique, lorsqu'il tomba victime de sa charité au service des pestiférés. C'était un religieux d'un zèle ardent, d'un courage indomptable en face des plus grandes difficultés, parce qu'il s'appuyait uniquement sur Dieu. Souvent au milieu de ses courses, il manquait des choses les plus nécessaires ; il pensait alors à saint François-Xavier, et au lieu de se plaindre ou de s'attrister, il avait honte de souffrir si peu.

A trois reprises différentes, le P. Ciszar se dévoua en temps de contagion ; frappé à mort la troisième fois, il dissimula son mal aussi longtemps que possible, et continua à se traîner au chevet des agonisants, pour les préparer à paraître devant Dieu. En face de ce grand intérêt du salut et de l'éternité, la vie ne lui était rien. « Qu'importe que je souffre ou que je meure, répétait souvent ce véritable apôtre ; mais que les âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ vivent a jamais » !

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.).

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