XXIV DECEMBRE
* Le vingt-quatrième jour de décembre de l'an 1677, mourut à Presbourg- le F. Martin Jurmanich, né en Croatie, modèle achevé d'assiduité au travail et des plus belles vertus des Frères Coadjuteurs. Quand on bâtissait le nouveau collège de Presbourg, le F. Jurmanich se mêlait aux manœuvres, et telles étaient son ardeur et son activité, qu'au témoignage du directeur des travaux, il faisait lui seul plus de besogne que quatre ouvriers. Il avait comme besoin de se dépenser au service de la Compagnie. En voyage, il ne laissait rien à faire aux Pères qu'il accompagnait ; à la maison, il se chargeait des plus rudes corvées, comme de scier ou de fendre le bois ; l'été, il se joignait aux faucheurs et moissonneurs, et se contentait avec eux de pain et d'eau. Aussi la voix publique l'avait-elle honoré du beau surnom de « vrai serviteur de Jésus-Christ, verus Christi faniulus ».
En toute circonstance et pour tout emploi, on pouvait faire appel à sa bonne volonté, il était prêt et toujours joyeux : « Les supérieurs, disait-il avec une simplicité pleine de foi, savent bien où je dois être », Sur le point de mourir, le saint F. Jurmanich rendit grâces à Notre-Seigneur de lui avoir toujours gardé dans sa fleur la belle vertu, et il s'endormit doucement du sommeil des jus-
tes, à l'âg-e de soixante-et-onze ans, dont il avait passé trente-sept dans la Compagnie.
Sum/nar. vitfe defunctor. Provinc. Austr. {Archiv. Rom.).
* Le vingt-quatrième jour de décembre de l'an 1684, au collège Saint-Clément à Prague, mourut, pendant sa troisième année de philosophie, le F. Jean Keller, Scolastique, âgé de vingt-deux ans, dont il avait passé un peu plus de quatre dans la Compagnie. Dès le noviciat, son Maître des novices le proposait comme un modèle, et ses compagnons proclamaient de leur côté que les exemples du F. Keller les enflammaient d'une sainte émulation. Au scolasticat, sa ferveur ne fit que grandir. On l'appelait un ange, parce qu'il ne respirait que le ciel et les choses du ciel ; un nouveau Louis, à cause de son humilité et de sa charité ; un Jean Berchmans, pour son admirable diligence à bien faire toutes choses ; enfin un François Gaetano pour son abnégation et sa mortification continuelles. Il semblait même à plusieurs excéder en ce dernier point : mais l'esprit de Dieu le guidait, et il ne faisait rien que par obéissance.
Quelque prix au reste qu'il attachât à la pénitence, et même aux plus chères pratiques de la dévotion à la sainte Vierge et au Très Saint Sacrement de l'autel , c'est dans l'observation de ses règles de Scolastique que le F. Keller plaçait avant toute chose sa perfection. Pour devenir un ouvrier plus utile de la Compagnie, il voulait, autant qu'il était en lui, se rendre éminent dans