‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 304 sur 322 · XXVI DÉCEMBRE. P. JEAN RATKAI · texte numérisé non relu

XXVI DÉCEMBRE. P. JEAN RATKAI

et à l'âge seulement Je trente-six ans, le P. Jean Ratkai, d'une très illustre famille de la ville de Pettau en Stj-rie. Élevé jusqu'à dix-huit ans parmi les pages de l'empereur Léopold, il sut conserver sans tache, au milieu des périls de la cour, la fleur de son innocence, et choisit en 1665 la fête même de l'empereur pour aller se joindre aux novices de Vienne. Treize ans après, au moment où il allait partir pour les pays infidèles, ce prince se le faisait présenter de nouveau, le félicitait hautement d'une si belle vocation, et lui remettait une image au bas de laquelle il avait écrit de sa main : « Léopold supplie Notre-Seigneur d'accorder au Père Jean un heureux voyage jusqu'aux Indes, une riche moisson d'âmes, digne prix de tout ce qu'il souffrira pour Jésus-Christ, l'abondance des bénédictions célestes, et réclame un souvenir dans ses prières et ses fatigues apostoliques, pour lui, pour sa famille et ses états » .

Cependant, avant d'arriver au terme de ses désirs, le P. Ratkai devait subir bien des épreuves. D'abord il lui fallut attendre deux années entières à Séville le départ des navires espagnols pour le Mexique ; puis, quand le moment du départ fut arrivé, son vaisseau mal dirigé fit naufrage en sortant du port. Recueilli par charité, après avoir perdu en entier son pauvre bagage, sur un autre bâtiment de la flotte, il fut réduit à passer tout le temps de la traversée, sans manteau, sans chapeau, et même sans lit et sans linge, contraint de mendier chaque jour ce qui lui était nécessaire pour vivre. Ces privations et ces soulfrances n'étaient que l'apprentissage de ce qu'il devait endurer pendant trois années de mission. Cependant il ne laissait pas de pratiquer encore de grandes austérités, pour obtenir la conversion des pécheurs ou des in-

fidèles, comme de jeûner plusieurs fois la semaine. Après sa mort, on trouva ses instruments de pénitence, particulièrement son ciliée, teints de son sang. Dieu fit connaître longtemps d'avance au P. Ratkai le temps de sa bienheureuse mort ; elle sembla n'avoir eu d'autre cause, aux yeux de ses compagnons d'apostolat, que le zèle de la gloire de Dieu, dont il était consumé.

P. MicHAEL BoNBARDi, Undciii Grsecenscs academici suo sanguine purpurad, p. 124. — Patrignani, Menol, 26 die, p. 215. — Sommervogel, Biblioth., t. 6, p. 1488. — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 292.

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