XIX JUILLET
* Le dix-neuvième jour de 'juillet de l'an 1611, mourut à Constance, sa patrie, le P. Jacques Stiz, victime à la fois, dit le P. Jouvancy, et du fléau de la peste et de l'amour de Dieu qui le consumait. Il était âgé de quarante ans et n'en avait passé que dixsept dans la Compagnie ; mais, remarque le même historien, c'étaient des années pleines, comme celles dont les Saints Livres font l'éloge. Lorsque la peste se déchaîna sur Constance, le P. Stiz, qui donnait une mission à Horb en Souabe, s'empressa de s'offrir à son supérieur.
« Que ne puis-je, lui disait-il dans une lettre admirable dont nous donnons seulement quelques extraits, que ne puis-je me trouver en même temps partout oii la contagion exerce ses ravages, me dévouer et mourir mille fois ? Je vous le dis, mon Père, il n'est aucun genre de mort, aucun péril que je ne sois prêt à affronter avec allégresse ; et s'il vous plaît de m'envoyer, je le tiendrai pour une faveur de choix. Voilà si longtemps que je traîne une existence misérable ; il faut enfin tâcher de bien mourir, et par le sacrifice de cette pauvre vie racheter les fautes de tant d'années... » Les désirs du P. Stiz furent bientôt exaucés. Après douze journées à peine passées auprès des malades, il tomba dans cette