XXV JUILLET
Le vingt-cinquième jour de juillet, moururent saintement, victimes (le leur charité au service des pestiférés, le P. Adolphe Lenxep à Paderborn en i62'i, le P. Pierre 1\Iajor à Briinn en 1643, et le P. Martin Mikulka dans la maison professe de Prague en 1649.
Le P. Adolphe Lexxep était né à Cologne et avait quatre frères dans la Compagnie. Il était tombé deux fois entre les mains des hérétiques, pendant qu'il travaillait à reconquérir les provinces rhé-
nanes à l'Eglise, au milieu du tumulte et des périls de la guerre. Il se dévoua généreusement au service des soldats blessés ou malades et ne tarda pas à succomber. Il était âgé de quarante-deux ans, dont il avait passé vingt-cinq dans la Compagnie.
Le P. Pierre Major, de Prague, promettait à la Moravie un de ses meilleurs apôtres, quand il fut enlevé par la peste à l'Age de trente-trois ans. On l'appelait le père des pauvres ; il passait les journées entières à leur faire le catéchisme et à entendre leurs confessions. Il marchait toujours revêtu d'un rude ciliée pour s'animer à vaincre toutes les répugnances de la nature, et la nuit il redoublait encore ses prières et ses austérités.
Le P. Martin Mikulka, plus communément appelé Martin Bene- DiCTi, s'était consacré pour la seconde fois au service des pestifé-
rés. Depuis plusieurs années, c'était sa pratique, en célébrant le saint Sacrifice de la messe, d'offrir sa vie pour le salut des âmes, à l'exemple du Sauveur, qu'il tenait alors dans ses mains. Nous avons encore la lettre qu'il écrivit peu de temps avant sa mort, pour solliciter de nouveau la grâce de se dévouer: «Je sais, disaitil à son supérieur, et je suis contraint de convenir que pas un enfant de notre mère la Compagnie n'est plus indigne que je ne le suis de la couronne destinée aux âmes héroïques ; mais jetant les yeux autour de moi et ne V03'ant aucun de mes frères dont la vie soit moins nécessaire, ou plutôt moins utile que la mienne à cette maison, j'espère que votre paternelle bonté ne répondra point à mon indig-ne demande par un refus ». Le P. Mikulka mourut à l'âge de cinquante-trois ans ; il en avait passé trente dans la Compagnie.
P. Adolphe Lennep. — Reiffenberger, Hîstor. Provinc. Rheni Infer., c, 9, n. 89, p. 583. — Sommervogel, Biblioth.^ t. 4, p. 1690.
P. Pierre Maior. — Sciimidl, Histor. Proi'inc. Bohetn., t. h, lib. 4, n. 11, p. 18. — Alegambe, Heroes et Victim. charit., p. 421.
P. Martin Muculka, — Schmidl, Hist. Prov. Bohein., t. 5, lib. 5, n. 93, p. 478 ; n. 136, p. 563. — Alegambe, Victim., p. 463. — Nadasi, Ann. dier. memor., 25'' jul., p. 49. — Drews, Fasti Soc, 25* jiil., p. 284. — Patrignani, Menol., 25 luglio, p. 199.
* Le vingt-cinquième jour de juillet de l'an 1679, mourut à Vienne le P. Gilles Brunner entré dans la Compagnie à l'Age de vingtquatre ans, après ses études de droit. Il avait soif de dévouement et d'immolation. Il était toujours en quête, dit son biographe, de