F'- AOUT
Le premier jour d'août de l'an 1645, le P. Georges Schônber- GER, d'Inspruck, mourut au collège de llradiscli, en Bohême, à la suite des tortures que lui avaient fait subir les luthériens. Il était Recteur du collège d'Olmutz à l'époque la plus triste des désastres de la Moravie, lorsqu'il tomba entre les mains d'une troupe de soldats hérétiques, qui saluèrent la prise d'un jésuite par les cris d'une joie féroce. Après l'avoir dépouillé de la plus grande partie de ses vêtements, ils le suspendirent par les pieds et par les mains à une traverse de bois, de manière à former de son corps comme une boule, qu'ils serrèrent ensuite étroitement avec des cordes, jusqu'à faire jaillir le sang de toutes les extrémités.
Puis Jurant trois heures entières, ils déchargèrent sur lui une grêle de coups de bâtons sans pouvoir lui arracher d'autre plainte ou d'autre réponse que l'invocation des noms sacrés de Jésus et de Marie. Jetant ensuite sur lui un grossier vêtement formé d'une peau de bête, ils le firent courir devant leurs chevaux, jusqu'à une distance de plusieurs milles, hâtant à coups de masses d'armes une course déjà si douloureuse. Le P. Schonberg disait ensuite qu'il n'aurait pu, sans un secours tout particulier du ciel, supporter un traitement si barbare.
Confié à la garde d'un soldat hérétique, il sut l'adoucir et en obtint de pouvoir se nourrir chaque jour du pain des anges. Il fut enfin remis en liberté ; mais les tourments qu'il avait soufferts pour Jésus-Christ avaient épuisé ses forces ; en peu de semaines» il arriva au bienheureux terme d'une vie toute sainte, dont il ne se rappelait pas avoir altéré par aucune faute grave l'angélique pureté. Il était âgé de quarante-sept ans et en avait passé vingtneuf dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, lib. 4, n. 87, p. 1.37. — N.v- DAsi, Aiin. (lier., l» nug., p. 7.5. — Patrignani, Menol., 1 agoslo, p. 12. — SoTUKLLus, Biblioth., p. 294. — Sommkryogel, Biblioth., t. 7, /;. 848. Cassani, Varoncs ilustrcs, t. 1, p. 290.
Le premier jour d'août nous rappelle le souvenir du P. Georges KôNiG, massacré par les Turcs en 1664. Il était aumônier des troupes impériales depuis seize années au moins, et avait soutenu
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de rudes épreuves au milieu des fatigues et de la licence des camps. Sa dévotion extraordinaire à l'Immaculée Conception l'avait sauvé dans une circonstance délicate et aidé à conserver la fleur de sa pureté. A la bataille de Saint-Gothard, dans les plaines de la Hongrie, gagnée par le célèbre MontecucuUi, il était au milieu des soldats, les animant à combattre et à mourir en héros chrétiens, et tenait depuis le commencement du combat son crucifix exposé à tous les regards, lorsqu'une sorte de géant turc se précipita sur lui, et d'un seul coup de cimeterre, abattit la tête, le bras et la croix du serviteur de Dieu. Le P. Konig était âgé de quarante-huit ans et eu avait passé vingt- sept dans la Compagnie.
Crugerius, Sacri Pulveres^ i-"* august., p. 4.
* Le premier jour d'août de l'an 1684, mourut à Geist, dans la Province du Bas-Rhin, le P. Georges Rose, du diocèse de Paderborn, religieux d'une régularité qui rappelait, disait-on, celle des bienheureux Louis de Gonzague et Jean Berchmans. iMais sa vertu dominante était l'abnégation. On raconte de son ardeur à fouler aux pieds les répugnances de la nature des traits dont notre délicatesse aurait peine à supporter le récit. Le zèle des âmes et le désir de les arracher à l'enfer venaient encore enflammer cette soif de sacrifice et entraîner l'homme de Dieu à des rigueurs où il semble même, dit son biographe, avoir dépassé la mesure.
Dès que le P. Rose vit approcher la mort, fidèle à ses vertus
de prédilection, il demanda d'être déposé à terre sur son matelas, afin de rendre le dernier soupir, comme il convenait à un misérable pécheur; et enfin, pour achever de s'oublier lui-même, il fit aux àmcs du purg-atoire l'abandon de tous les suffrages qui devaient lui être attribués après sa mort, se réservant pour unique trésor le sang de Jésus-Christ et la miséricorde de Dieu. Il n'avait que trente-trois ans, et en avait passé quatorze dans la Compagnie.
Summar. vitaa defunctor. Provinc. Rheni Infer. (Arc/iiv. Rom.).