III AOUT
* Le troisième jour d'août rappelle la mémoire de deux Frères Coadjuteurs tombés victiuies de leur dévouement au service des pestiférés, le F, Adam Krotzman à Olmutz en 1623, et le F. Jacques Hammer à Vienne en 1634.
Le F. Adam Krotzman, né à Prague, était âgé de soixante-et-un ans et en avait passé trente-trois dans la Compagnie. Parmi les vertus qui en faisaient le modèle de ses frères, les historiens relèvent surtout son admirable douceur, que nulle passion ne semblait émouvoir ; son amour du silence, qui se manifestait même dans la parcimonie de ses paroles quand il était obligé de parler ; son ardeur au travail, qui ne pouvait souffrir la perte d'un seul moment; enfin et par dessus tout sa parfaite obéissance, qui ne connaissait ni excuse ni retard.
Le F. Jacques Hammer, né à Schlestadt, ne comptait que vingtcinq ans et était entré depuis cinq années seulement dans la Compagnie. Mais il avait déjà la maturité et la vertu d'un vétéran. En particulier, il avait puisé dans l'oraison et l'union habituelle avec Dieu des lumières et une expérience des choses surnaturelles bien au-dessus de son âge et de son degré. Frappé par le lléau auprès des malades, il s'abandonna sans réserve entre les mains de la Providence, également disposé à vivre ou à mourir : « Ce que Dieu
veut, je le veux aussi », était sa devise. La mort parut bientôt inévitable. Alors le F. Ilammer tressaillit d'une sainte allégresse à la pensée qu'il allait aimer et bénir Dieu sans partage pendant toute l'éternité.
F. Adam Krotzm.vn. — Alegambe, Heroes et Victimœ c/iarùûtis, p. 238. — ScHMiDL, Histor. Proi'inc. Bohem., t. 3, lib. 3, n. 119, p. 466. F. Jacques Hammer. — Alegambe, Heroes..., p. 363.
* Le troisième jour d'août de l'an 1633, mourut à Munich le P. Claude Alton, de Fribourg en Suisse. Il avait passé presrjue toute sa vie religieuse dans l'enseignement, et par sa ferveur, son obéissance, sa fidélité à toutes les règles, il s'était acquis auprès des Nôtres et des étrangers la réputation d'un homme éminent en vertu. Un acte de charité, hâta sa mort. En assistant un soldat qui succombait à une fièvre maligne, il fut atteint du môme mal et bientôt réduit à l'extrémité. Repassant alors dans sa mémoire les bienfaits sans nombre dont il avait été comblé, il ne se lassait pas d'exalter la bonté sans mesure de la divine Providence ; mais ce qui le jetait surtout dans l'admiration, c'était la pensée qu'il avait participé si souvent au corps et au sang de Notre-Seigneur et que, malgré son indignité, il avait persévéré jusqu'à la mort dans sa vocation. C'est dans ces sentiments, l'hymne de la reconnaissance dans le cœur et sur les lèvres, qu'il expira à l'Age de quarantedeux ans.
Kropf, Histor. Provinc. German. Superior., t. 5, decad. 10, n. 318, p. 137.