IX AOUT. P. HERMANN GLANDORFF
voir plus monter à l'autel, iJ entendait chaque jour deux messes à genoux avec une admirable dévotion. Il mourut très saintement à l'âge de soixante-quatre ans, dont il avait passé quarante-quatre dans la Compagnie. La ville de Neubourg a élevé un monument au grand poète dans sa cathédrale, et Louis I"" de Bavière a mis son buste au musée de Munich.
Surnmar. vitie defunctor. Provinc. German. Superior . (Arc/iiv. Rom.).
— SoTUELLUs, Bibliol/i., p. 356. — Sommervogel, Biblioth .. t. 1, p. 816.
— MuRY, Jacques Balde, Revue catholique de l'Ahac e, mai, juillet et septembre 1869, p. 205, 285, 397. — Westermayeb, Jacob Balde, sein Le ben und seine Werke... Miinchen, 1868, in-S°. — Felleu, Dictionn. histor., t. 1, p. 336.
Le neuvième jour d'août de l'an 1763, mourut en très haute réputation de sainteté, dans la mission de Tarahumara au Mexique, le P. Hermann Glandorff, de la Province du Bas-Rhin. Ses compagnons d'apostolat ne l'appelaient pas autrement que le vénérable P. Glandorff ; et dans ces derniers temps de l'ancienne Compagnie, à la veille presque du jour où elle allait être proscrite, il faisait revivre par ses vertus et ses miracles l'apôtre des Indes, François Xavier.
Chargé d'évangéliser les Indiens de la mission de Tarahumara, à plus de trois cents lieues de Mexico, il voulut faire cette longue route à pied, à l'exemple, disait-il, des grands apôtres Paul et Xavier; et comme on lui objectait que ces apôtres étaient des saints et faisaient des miracles : « S'il faut des miracles, répondit-il avec ingénuité, je puis en faire aussi, avec l'aide de Dieu ». Néanmoins on l'obligea de prendre une mule. Il obéit sans repli-
quer. Mais au moment de partir, la bête, très docile jusque-là, refusa obstinément de marcher, et il fut impossible de la faire avancer d'un pas. Force fut donc aux supérieurs de retirer leur défense et d'abandonner le missionnaire à sa ferveur. Le P. Glandorff travailla plus de quarante ans dans la mission de Tarahumara, recueillant des fruits sans nombre et multipliant les merveilles. Les historiens racontent plusieurs de ces faits extraordinaires, sur la foi de témoins qui les avaient vus de leurs yeux. 11 rendait la santé aux malades en récitant sur eux le saint Evangile ; il traversait à pieds secs des torrents profonds et impétueux ; il parcourait en trois ou quatre heures des distances énormes qui n'auraient pas demandé moins de trente heures d'une marche ordinaire. Une fois, pour administrer un malade, il fit à pied une course de trente lieues, et on le vit auprès de la natte de l'indien, avant que le messager à cheval qu'on lui avait envoyé ne fût de retour pour annoncer sa prochaine arrivée. La chapelle de la mission, oii il résidait habituellement, était sans cesse embaumée d'un parfum délicieux, dont personne ne pouvait découvrir la cause. Un jour, les cloches de cette chapelle se mirent en branle d'elles-mêmes pour appeler les fidèles à la prière.
Les vertus du P. Glandorff avaient encore plus de puissance que ces merveilles sur le cœur des Indiens pour leur faire aimer et pratiquer les leçons de l'Évangile. Sa pauvreté était extrême ; ses vêtements n'étaient qu'un assemblage de pièces disparates cousues ensemble. Pendant près de vingt ans, il ne goûta pas une seule fois de pain. Une violente épidémie s'étant déclarée parmi les Indiens, il se fit, avec une charité admirable, leur infirmier, leur médecin et leur consolateur. Atteint le dernier de tous par le fléau,