‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 72 sur 322 · XIV AOUT. F. MATHIAS WAGNER · texte numérisé non relu

XIV AOUT. F. MATHIAS WAGNER

La peste ayant éclaté dans la ville de Gratz, où le F. Wagner étudiait la philosophie, le Père Recteur lui demanda s'il aimait mieux rester ou partir avec les jeunes religieux que l'on voulait mettre en sûreté : « Mon Père, répondit-il, je me sens, grâce à Dieu, dans une parfaite indifférence ; je veux uniquement ce que décidera la sainte obéissance ». En attendant, il remplit durant plusieurs jours l'office de portier du collège ; et lorsqu'il reçut l'ordre de partir, tout porte à croire qu'il était déjà mortellement atteint par le fléau. La sainte Vierge, en l'appelant au ciel la veille de son Assomption, sembla vouloir le récompenser de la tendre dévotion qu'il avait toujours eue pour elle. Le crucifix dans ses mains, le chapelet autour de son cou, il remit doucement son âme à Dieu après avoir souvent répété : « Jesu^ Maria, niei diilcissiini amores, aniore vestri moriar ! Jésus, Marie, très doux objets de ma tendresse, que je meure de votre amour » !

N.vDASi, Annus dier. nienior., 14* aug., p. 103. — Id., Pretiosœ occupât., c. h, n. 4, /;. 38. — P.\TniGNANi, Menol., 14 agost., p. 124.

* Le quatorzième jour d'août de l'an 1681, à Hradisch, mourut le P. Adalbert Martynides, né en Silésie. Pendant la triste période des invasions suédoises, il avait eu à gouverner plusieurs collèges de sa Province et avait fait paraître autant d'intrépidité que de prudence et de sollicitude pour les siens. Mais, remarque l'auteur de son éloge, quelque grandes qualités qu'il eût déployées alors, il fut encore plus admirable dans l'œuvre de la conversion des âmes.

Treize années entières, il parcourut les territoires de Brumow, Wsetin et Wysowitz, au milieu des montagnes qui s'élèvent entre la Moravie et la Hongrie. L'hérésie y avait jeté de si profondes racines que depuis longtemps personne n'osait même essayer de l'extirper. Le P. Martynides, confiant dans le secours de Dieu et la grâce de sa vocation, mit résolument la main au travail. 11 eut à combattre des difficultés de toute nature, privations, injures, menaces de mort. Mais il ne perdit point courage ; par les entretiens privés, les prédications publiques, surtout par la vertu toute-puissante de ses prières, de ses pénitences et de sa charité, il triompha de tous les obstacles ; les préjugés se dissipèrent, la vérité fut connue et embrassée, et ces populations revinrent en masse à l'anti-

que foi de leurs pères. Epuisé par tant de travaux, le P. Martynides alla plein de confiance se présenter au tribunal de celui dont il avait si heureusement étendu l'empire et fait fructifier le sang divin. Il était âgé de soixante-douze ans et en avait passé cinquante-deux dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Bohem. [Archiv. Rom.}. — SommervoGEL, Biblioth., t. 5, p. 6.51. — Pelzel, Boemische Gelehrte, p. ,30.

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