‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 75 sur 322 · XVI AOUT · texte numérisé non relu

XVI AOUT

* Le seizième jour d'août de l'an 1623, deux saints religieux de la Province de Bohême, les Pères Jean Hôlïzel et Jean Kappler, donnèrent généreusement leur vie au service des pestiférés, le premier à Brûnn et le second à Olmutz. Le P. Jean Hôltzel n'était âgé que de trente-huit ans et en avait passé dix-huit dans la Compagnie. Depuis longtemps déjà, les exercices de charité lui étaient familiers ; il en avait fait l'apprentissage dans les prisons et les hôpitaux. Atteint par le fléau, il expira après dix jours de cruelles souffrances joyeusement supportées.

A Olmutz, le P. Jean Kappler, converti du luthéranisme à dix-huit ans, ne montra pas une moindre générosité. Telle était la frayeur qui s'était emparée de toute la ville, que les prêtres eux-mêmes n'osaient pas approcher des malades ni leur porter les derniers sacrements. Le P. Kappler s'empressa de s'offrir aux supérieurs pour aller au secours de tant d'abandonnés. Avec les consolations de la religion, il leur prodiguait aussi les soins du corps ; il se fit leur serviteur et leur infirmier, jusqu'au jour où frappé lui-même par la contagion, il remit à Dieu son âme vaillante à l'âge de cinquante ans, dont il avait passé seize dans la Compagnie.

Aleg\mbe, Heroes et Victim. charit., p. 239, 240. — Sciimidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, lib. 3, n. 119 et 121, p. 446, 448.

* Le seizième jour d'août de l'an 1679, mourut à Breslau le P. Rodolphe Stephan, né en Bohême. Dès son noviciat à Brûnn, il avait la réputation d'un saint, tellement il était généreux à se vaincre et à se mortifier. Sa ferveur, loin de s'attiédir au temps de ses études, ne fit que s'enllammer. Son ardeur au travail n'était pas moins grande. Rencontrait-il quelque diiïiculté dont la solution lui échappait, c'était sa coutume de la proposer avec une naïve confiance à Notre-Seigneur, à la sainte Vierge ou à son bon ange ; cette pratique lui était si ordinaire, qu'au témoignage de son Père spirituel, sa vie au scolasticat était un perpétuel colloque cum Deo scientiarum Domino.

Ordonné prêtre, le P. Stephan entra dans la carrière apostolique avec une joie extraordinaire. Volontiers, disait-il, il eût acheté le salut d'une âme au prix de cent années des plus durs travaux. Souvent, pour obtenir la conversion de quelque pécheur, il passait les journées entières sans prendre une seule bouchée de pain. Mais au-dessus des plus beaux succès de l'apostolat, le P. Stephan plaçait l'obéissance. Une fois, au milieu même d'une mission, il fut subitement rappelé par sou supérieur. Vainement son compagnon et le principal magistrat du lieu s'efforcèrent de le retenir, alléguant le détriment que son départ allait causer aux Ames ; il fut inflexible : « J'aime mieux, répondait-il, perdre le fruit de la mission que celui de l'obéissance », et il se mit en route au même instant.

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