XV AOUT. F. MATHIEU BROSCK
Homme véritablement insigne, astronome, mathématicien, ingénieur, architecte, écrivain possédant à fond la langue chinoise, et par dessus tout intimement uni à Dieu, d'un zèle ardent et infatigable, le P. Adam Schall, malgré les calomnies dont on a essayé de noircir sa mémoire et dont il a été victorieusement vengé, est digne d'être compté parmi les plus saints religieux et les plus grands missionnaires de la Compagnie. En môme temps, pour son dévouement et sa prudence dans la crise terrible que traversa la mission à l'époque du changement de dynastie, il mérite d'être appelé, après le P. JMatliieu Ricci, le fondateur de l'Eglise de Chine. II était âgé de soixante-quinze ans, dont il avait passé cinquantecinq dans la Compagnie et quarante-quatre dans la mission.
SoTUEiLus, Biblioth., p. 397. — Hartziieim, Biblioth. Coloniens., p. 156. — SoMMEuvoGEL, BibUotli., t. 1, p. 70.5. — n.vuTOLi, Lci Cina, lib. 4, part. 3, n. 233, p. 71, édil. de Florence 1829. — Patiugnani, Menolog., 15 agost., p. 133. — DuEws, Fnsti Soc, 25=' nug., p. 328. — La Civiltà cattolica^ 1873, t. 10, Gli antichi ed i ruiovi detrattori del P. SchaU^ p. 289. — B. DuiiR, Jesuilen-Fabeln^ Die Heirat des P. Adam Schall, 1^ e'dit., p. 319. — Pfisteu, Notices biographiques et bibliogr., n. 44. — Biographie univers., t. 41, /;. 77. — Créti.ne.vu-Jolv, Histoire de la Compagnie de Jésus, t. 3, ch. 3, p. 17G et suiv. — Felleiî, Dictionn. histor., t. 5, p. 438. — Cardinal. Steinhuber, Geschichte des Collegium Germanie, t. \, p. 384. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten, p. 220.
* Le quinzième jour d'août de l'an 1734, mourut h. Kôniggralz le F. Mathieu Bhosck, Coadjuteur temporel. Il avait porté les armes dans sa jeunesse ; puis, à l'exemple d'un de ses chefs, il avait aban-
donné les rangs de la milice humaine pour s'enrôler sous la bannière de Jésus-Christ dans la Compagnie. Il s'y distingua par de belles et solides vertus, l'ardeur au travail, l'esprit de prière, la plus tendre dévotion à la sainte Vierge et au Saint Sacrement. Une de ses plus grandes consolations était d'avoir rempli l'ofFice de sacristain à la petite résidence d'Heiligerberg ou sainte montagne, en Bohême, célèbre sanctuaire de la Mère de Dieu, où nos Pères distribuaient chaque année aux pèlerins plus de cent mille communions. Quand il recevait Notre-Seigneur à la sainte table, la foi et l'amour éclataient dans toute sa personne et transfiguraient son
visage.
Pour être toujours prêt à paraître devant Dieu, le F. Brosck avait pour pratique de faire chaque soir, avant de s'endormir, la communion spirituelle, puis de tracer sur ses 3^eux, ses oreilles, ses narines, ses lèvres, ses mains et ses pieds le signe de la croix, comme s'il recevait réellement le sacrement de l'extrême-onction. Or le matin du jour de l'Assomption de Notre-Dame, on trouva le bon Frère étendu sans vie auprès de son lit. Il était âgé de soixante-sept ans et en avait passé quarante-sept dans la Compagnie.
Litterœ ann. Provinc. Bohem. ad ann. 1734 (Archiv. Rom.).