‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 79 sur 322 · XVIII AOUT · texte numérisé non relu

XVIII AOUT

* Dans le courant du mois d'août de l'année 1G84, on ignore quel jour, mourut dans l'île de Tinian, une des Mariannes, le P. Augustin Strobach, de la Province de Bohême, massacré par les infidèles en haine du nom de Jésus-Christ. Il était né à Iglau en Moravie d'une noble famille, qui avait déjà donné deux de ses fils à la Compagnie. Dès le début de sa vie religieuse, le P. Strobach, au témoignage du P. Lancicius, s'était montré avide de souffrances pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Envoyé d'abord comme aumônier militaire dans les armées impériales, il apprit à son retour qu'une légion d'apôtres recrutée en Bohême, se disposait à partir pour les Indes, et que l'un d'eux, tombé subitement malade, était hors d'état de soutenir les fatigues d'un si long voyage. II s'offrit aussitôt à le remplacer et fut admis. La Providence le préparait au martyre.

En Espagne, où il dut attendre une année entière le départ des vaisseaux, le P. Strobach donna de tels exemples de vertu, qu'on l'appelait le saint, et que les supérieurs lui confièrent le soin des novices envoyés aux lies Philippines. Il était destiné lui-même à cette mission ; mais ce qu'il entendit raconter du triste état des habitants des Iles Mariannes le toucha si vivement, qu'il obtint de

se consacrer à l'évangélisation de ces insulaires. « On s'aperçut bientôt, écrit le P. Le Gobien, qu'il avait une vocation pour la conversion de ces peuples. C'était, ajoute-t-il, un homme fort intérieur et fort éclairé dans les voies de Dieu. Il traitait son corps avec une rigueur surprenante. Il ne faisait qu'un repas par jour, prenait tous les jours de longues disciplines et portait ordinairement sur sa chair une ceinture piquante ou un cilice dont la seule vue faisait horreur » .

Malheureusement son apostolat fut de courte durée. Le P. Strobach venait d'entreprendre un voyage pour les intérêts de la mission, lorsqu'en passant près de l'île de Tinian, il fut surpris par les infidèles, étroitement garroté et emmené captif. Les barbares lui arrachèrent son crucifix, en disant que c'était l'image d'un fourbe et d'un imposteur. Après divers outrages, ils l'assommèrent à grands coups de bàlon, et le confesseur de Jésus-Christ tomba baigné dans son sang. Il était âgé de trente-huit ans et en avait passé dix-sept

Stoecklein, Der neue Weli-Bott, 1ère part., lett. 7 et 8, p. 15 et 18. — Le Gobien, Histoire des Isles Marianes, lir. 9, p. 3.38 siià'. — Platzweg, Lebensbilder deutscher Jesuiten, p. 111. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1644. — Pelzel, Boemische Gelehrte, p. 99. — de Boye, S. J., Vita et obitus Ven. P. Augustini Strobach... Cf. Carayon, Bibliographie historique, n. 2624, p 354. — Elogium V. P. Augiislini Strobach ab Indis Marianis odio fîdei occisus in insula Tinian, ultimo ('cette date est incertainej mensis augusti anno 1684 [Archiv. Boni.).

Page 1