‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 78 sur 322 · XVII AOUT. P. JEAN VASBACH · texte numérisé non relu

XVII AOUT. P. JEAN VASBACH

tre nous, mon compagnon et moi, de la manière dont nous nous assisterons mutuellement à la mort, si nous sommes frappés. Au reste, nous ne craignons rien, toti oblati, traditi, resignati, consecrati divinse voluntati -a . La victime était donc prête pour le sacrifice. Aussi quand la peste, en se propageant, eut envahi Constance, le P. Agricola s'empressa d'accourir et se dévoua au service des malades ; il expira bientôt, plein de reconnaissance d'avoir été jugé digne de donner sa vie pour ses frères, à l'exemple du Sauveur. Il était âgé de cinquante-neuf ans et en avait passé quarante dans la Compagnie.

JuvENCius, Histor. Societ. Jesii, part. ,5*, lib. 16, n. 21, p. 374. — Litter. ann. Societ. Jesu, anno 1611, p. 490. — Kropf, Histor. Provinc. Gerinan. Super., t. 4, decad. 8, n. 14, p. 7. — Alegambe, Heroes et Victini. c/iarit., p. 167.

* Le dix-septième jour d'août de l'an 1710, mourut au collège de Rouffach dans la Province du Haut-Rhin, le P. .Jean Vasbach, né à Hundheim en Westphalie, régent de grammaire depuis de longues années et religieux d'une vertu éminente sous les apparences d'une vie commune et sans éclat. Il était animé d'une dévotion très tendre envers le Saint Sacrement et la sainte Vierge, et si adonné à l'oraison qu'il y consacrait les jours de congé presque tout entiers. Nul ne se montrait plus gracieux, plus aimable et prévenant envers ses frères. Un reflet de modestie, de candeur, de pureté s'échappait de toute sa personne, ravissait les âmes et les portait à Dieu.

11 formait ses élèves à la science et à la piété avec un zèle, une application vraiment extraordinaires. Les supérieurs l'ayant envoyé une année au collège de Baden, toutes les familles de ses écoliers le redemandèrent au P. Provincial, et ne cessèrent point leurs instances qu'il ne fût revenu prendre sa place auprès de leurs enfants. Le P. Vasbach ne quitta plus Rouffacli, et pendant vingt-huit ans, c'est-à-dire jusqu'à la fin de sa vie, il demeura renfermé dans son humble classe, se dépensant au bien de ses petits écoliers avec le même inaltérable dévouement et la même abnégation. Lorsqu'il succomba aux fatigues de ce laborieux et obscur apostolat, à l'âge de soixante-huit ans, dont il avait passé quarante-huit en religion, la ville entière de Rouffach, le clergé et les premiers magistrats en tête, honora ses funérailles et pleura sa perte comme celle d'un incomparable instituteur de la jeunesse et d'un saint.

Jos. Gény, Die Jahrbiicher der Jesuiten zu Schlettstadt und Rufach, t. 1, p. 314.

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