‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 8 sur 322 · VI JUILLET · texte numérisé non relu

VI JUILLET

* Le sixième jour de juillet de l'an 1746, mourut très saintement dans la réduction de Saint-Jacques, en Californie, le P. Antoine Tempis, de la Province de Bohème, consumé par dix années de travaux apostoliques. Arrivé en 1736, il avait été chargé de relever cette mission, ravagée deux ans auparavant par les Indiens révoltés et arrosée du sang du P. Laurent Carranco, jésuite mexicain. Le P. Antoine Tempis gagna tellement le cœur de ces Indiens par sa douceur et sa charité, qu'en peu de temps la réduction de Saint- Jacques devint une des plus florissantes de la Californie. Il s'attachait surtout à l'éducation des enfants, auxquels il apprenait non seulement à prier, mais à se rendre habiles dans différents travaux proportionnés à leur Age et à leurs forces.

Envers les malades, son dévouement n'avait point de bornes. Quelquefois malade lui-même et tombant de fatigue, il se faisait porter auprès d'eux par ses néophytes, afin de les consoler et de les préparer à la mort. Rien ne semblait lui coûter, dès que les intérêts de Notre-Seigneur et le salut des âmes étaient en cause : « Tout pour l'amour de Dieu », répétait-il sans cesse. A force d'entendre ces paroles, les Indiens et les soldats eux-mêmes établis à Saint-Jacques en avaient fait aussi leur devise. Tous le vénéraient

comme un saint et lui attribuaient des grâces miraculeuses. « Pour nous, dit le P. Glavigero dans son Histoire de la Californie, sans croire que ces g-râces fussent des miracles proprement dits, nous ne doutons point qu'il ne faille les considérer comme des faveurs spéciales accordées aux mérites de ce grand serviteur de Dieu » . Le P. Tempis mourut à l'âge de quarante-trois ans, dont il avait passé près de vingt-six dans la Compagnie.

Glavigero, Storin délia California, t. 2, p. 125. — Sommervogel, Biblioth., t. 7, p. 1924.

* Le sixième jour de juillet de l'an 1833, mourut à Sion en Valais le saint Frère Scolastique Joseph IIarnisch, né au village de Subingen près de Soleure. Après son noviciat et son juvénat, il fut chargé d'une classe de grammaire au collège de Sion, et pendant cinq années presque entières, malgré les souffrances d'une santé profondément altérée, il supporta les fatigues de l'enseignement avec un courage, un oubli de lui-même, un calme et une douceur qui ne se démentirent pas un moment. Obligé de rester à la maison les jours de congé, pendant que ses frères étaient à la campagne, il passait ses longues heures de solitude à s'entretenir avec Dieu ou à lire ses auteurs favoris, Homère et Thucydide.

Vers la fin de sa cinquième année de régence, son mal s'aggrava rapidement et parut bientôt sans remède. Le F. Harnisch accueillit la nouvelle de son prochain départ pour le ciel avec une paix admirable. Le beau livre du P. Nadasi, Pretiosse occupationes morientium in Societate Jesii^ devint alors sa lecture habituelle ; afin

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