‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 9 sur 322 · VI JUILLET. — • F. JOSEPH HARNISCH · texte numérisé non relu

VI JUILLET. — • F. JOSEPH HARNISCH

de porter une âme plus pure au tribunal de Jésus-Christ, il demanda la permission de se confesser tous les jours.

Rien n'est suave et délicieux comme le récit de ses derniers moments. Le F. Harnisch avait reçu le saint viatique et l'extrêmeonction. Après avoir prié près de lui, la communauté s'était retirée pour prendre son repos. Seuls le Frère infirmier et son confesseur restaient dans sa chambre. Pendant que celui-ci se penchait à son oreille pour l'encourager et lui parler de Dieu, le moribond l'enlace de ses bras défaillants : « 0 mon Père, dit-il, si les hommes sont si bons, combien sera grande la bonté do Dieu » ! Puis il demeura quelque temps dans le silence et immobile. Se ranimant ensuite, il dit d'une voix forte qui fut entendue des chambres voisines et attira même quelques Pères et Frères : « Jésus, Jésus » ! et il répéta jusqu'à vingt fois ce nom béni. « Oh ! que c'est beau ! que c'est beau ! dit-il peu après, Jésus, quel bonheur vous me préparez ! Eternellement voir Jésus, éternellement aimer Jésus, quelle félicité » ! Il demanda qu'on lui récitât à haute voix le chapelet, et aux accents de cette prière aimée, il s'endormit doucement dans le Seigneur.

Depuis cinq semaines, c'était le troisième Scolastique moissonné par la mort au collège de Sion ; mais, écrivait le Père Recteur, Théodore Neltner, au Père Général, « ces coups multipliés, loin d'effrayer nos élèves, en ont porté plusieurs à solliciter leur admission dans la Compagnie, afin de pouvoir eux aussi, disaient-ils, mourir en prédestinés ». Le F. Harnisch était âgé de vingt-neuf ans, et en avait passé dix dans la Compagnie.

Sunimar. vitœ defunctor. Provinc. German. {Archiv. Rom.}.

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