‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 83 sur 322 · XXI AOUT · texte numérisé non relu

XXI AOUT

* Le vingt-et-unième jour d'août de l'an 1680, mourut à Glatz, dans la Province de Bohême, le P. André Kuhn, après cinquante années de vie religieuse consumées en grande partie dans les missions et les camps. L'âge n'avait affaibli ni son zèle ni son ardeur. A soixante-dix ans, il apprend que la peste vient de se déclarer à Glatz. Il sollicite aussitôt la permission de se dévouer ; et quand il a reçu une réponse favorable, il laisse déborder sa joie et sa reconnaissance : « Grâces éternelles vous soient rendues, écritil au Père Provincial, pour cette inappréciable faveur de me consacrer au service des pestiférés ; j'en suis plus heureux qne si l'on m'avait donné le monde et toutes les richesses du monde. Puissent mes travaux servir à la plus grande gloire de Dieu et au salut des âmes ! Je demande une seule grâce à sa divine Majesté ; c'est qu'elle me garde jusqu'à la fin de la contagion, qu'elle m'accorde de mourir le dernier, après avoir ouvert le ciel à tous les autres, et qu'alors en récompense elle mette sur mon front la couronne de la charité ».

Arrivé à Glatz, le P. Kuhn courut avec un empressement incroyable au secours des victimes du fléau. C'était un spectacle plein de piété et d'édification, dit l'auteur de son éloge, de voir ce vénérable

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