XXV AOUT
* Le ving-t-cinqulème jour d'août de l'an 1505, mourut à Mayence le P. Pierre Michel Brillmacher, de Cologne, lentement consumé par le poison que lui avaient fait prendre les hérétiques. Après son noviciat et ses premières années d'études, il avait été envoyé à Paris suivre les leçons de théologie du célèbre P. Jean Maldonat. De retour en Allemagne, il enseigna successivement la rhétorique, l'hébreu, la théologie, et gouverna les deux collèges de Spire et de Munster.
En môme temps, par la parole et par la plume, il faisait une guerre incessante à l'hérésie. 11 réduisit au silence les plus illustres cor^'phées du parti, Jean de Munster, qui avait osé le provoquer, et Etienne Isaac, qui avait passé du judaïsme au catholicisme, et de catholique s'était fait calviniste. Furieux de leurs défaites, les hérétiques essayèrent plusieurs fois de se débarrasser de leur redoutable adversaire. La violence ayant mal réussi, ils eurent recours à la ruse. Sous prétexte d'amitié et en témoignage de leur désir de conclure la paix, ils parvinrent à lui persuader de s'asseoir à leur table et mêlèrent du poison à ses aliments.
Aux premiers symptômes du mal, le P. Brillmacher se hâta de prendre un contre-poison énergique ; mais il était trop tard. Deux
années entières, il ne fit que languir, en proie à de fréquents et terribles accès qui minaient de plus en plus ses forces, jusqu'au jour où il succomba enfin, victime de son dévouement à l'Église de Jésus-Cbrist. Il était Agé de cinquante-trois ans et en avait passé trente-sept dans la Compagnie.
JuvENCius, Histor. Socie/., part. 5*, lib. 14, n. 3,5, p. 259. — Alegam- BE, Mortes illustres, p. 206. — Patrignani, Menol., 25 cigost., p. 202. — Litler. ann. Societ. annis 1594-95, p. 524. — Reiffenberg, Histor. Provinc. Rheni Iiifer., lib. 10, p. 319. — Hartzheim, Biblioth. Colon., p. 276. — Nadasi, Aiiti. dier. memor., 25* fiug., p. 123. — Drews, Fasti Soc, 25a aug., p. 328. — Sommervogel, Bibliot/i., t. 2, p. 182.
* Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 1656, mourut à Prague le P. Jean Nerovius, silésien ; on disait de lui qu'il soutenait par ses prières le collège et tout l'arcliidiocèse de Prague. Pendant les quarante-neuf ans qu'il vécut dans la Compagnie, il ne manqua pas une fois, assure-t-on, de faire son oraison à genoux; non content de la mesure prescrite à tous, il ajoutait chaque jour une autre heure dérobée à son sommeil. Son recueillement était si profond qu'il rappelait celui de saint Louis de Gonzague et que, dans l'espace de plusieurs années, aucune pensée étrangère ne vint troubler ses communications avec Dieu.
Un autre don extraordinaire du P. Nerovius, c'était l'admirable pureté de son âme ; il avait apporté au noviciat l'innocence de son baptême. Vainqueur dans une circonstance délicate, il fut récompensé de son courage par une chasteté angélique et affranchi des luttes de la chair. Il ne laissait pas de recourir h la prière