‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 90 sur 322 · XXV AOUT. P. GILLES DORNIGG · texte numérisé non relu

XXV AOUT. P. GILLES DORNIGG

et à une rigoureuse et continuelle mortification. Pendant quarante ans, il ne passa aucun jour sans se flageller et se revêtir d'un rude cilice. Après la Reine des anges, il avait choisi la vierge et martyre sainte Dorothée pour gardienne de son trésor ; et il conseillait à ceux qui étaient tentés, de se placer sous le même patronage.

La grâce des miracles se joignit à tant de faveurs précieuses. Des témoins dignes de foi affirment que le P. Nerovius rendit un mort à la vie pour lui donner le temps de se confesser, et que les âmes du purgatoire venaient souvent se recommander à ses prières. Au moment de mourir, son visage s'éclaira tout à coup d'une joie très vive ; levant les yeux et les mains au ciel, il dit deux fois dans une sorte de transport : a Voici les anges ; voici les anges ! » et il expira. Il était âgé de soixante-et-onze ans.

Nadasi, Annus (lier, memor., 25» aug., p. 12.5. — Crugerius, Sacri Pubères, 25^ aug.^ p. 137. — Patrignani, Menol., 25 agosi., p. 208. — Suinmar. vitae defunct. Provinc. Bohem. [Archiv. Rom.). — Sommervogel, Biblioth., t. 5, p. 1637. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 3, 4, h, passim ; Cf. Indicem.

Le vingt-cinquième jour d'août de l'an 1736, mourut à Leoben le P. Gilles Dornigg, après quarante-huit ans de vie religieuse. Il était né à Klagenfurt et entra à dix-sept ans dans la Compagnie. Professeur des juvénistes de la Province d'Autriche, Recteur des collèges de Leoben, de Neustadt et de Steier, il semblait, dit l'auteur de sa notice, avoir été formé par saint Ignace lui-même, tellement il savait unir la force à la suavité et déplo3^ait de vigilance

et de sollicitude à l'égard de ceux qui lui étaient confiés. Luimême donnait l'exemple de la ferveur et de la fidélité aux plus petites règles. Chaque jour il ajoutait une demi-heure au temps ordinaire de l'oraison; et jusque dans sa vieillesse il faisait encore tous ses exercices de piété à genoux. C'était une persuasion commune que les âmes du purgatoire venaient souvent lui demander des prières, et qu'il eut plus d'une fois à lutter sensiblement contre le démon.

A force de se vaincre, le P. Dornigg avait conquis un domaine absolu sur tous les mouvements de la nature. Ses flagellations étaient rigoureuses et quotidiennes. Dieu permit qu'il fût en butte dans ses dernières années aux plus désolantes pensées de défiance concernant le salut de son âme. Il résista généreusement et fut consolé d'une manière ineffable. Dans la nuit du 7 décembre 1732, il vit en songe, raconte-t-il lui-même, la très sainte Vierge tenant le divin Enfant dans ses bras. S'adressant alors à .Jésus et à Marie, il les suppliait, avec toute la ferveur dont il était capable, d'avoir pitié de lui et de ne pas le laisser périr à jamais. La miséricordieuse Vierge s'inclina aussitôt avec bonté vers lui : « Bene spera de gratia Filii niei, lui dit-elle ; ayez bonne confiance dans la grâce de mon Fils » ; puis Jésus se pencha à son tour : « Oui, oui, dit-il ; je pardonne tout ; es filius salutis, vous êtes un enfant de prédestination ».

Litterse ann. Provinc. Austr., ann. 1736 (Arc/iiv. Rom.). — Stôger, Scriptor. Provinc. Austr., p. 65. — Sommervogel, Biblioth., t. 3, p. 148.

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