‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 92 sur 322 · XXVI AOUT. F. ZACHARIE KRAUS · texte numérisé non relu

XXVI AOUT. F. ZACHARIE KRAUS

après une enfance et une jeunesse tout adonnées à la piété, il se signala aussitôt parmi les plus fervents. L'oraison faisait ses délices ; il ne se consolait de la quitter qu'en poursuivant tout le jour ses entretiens avec Notre-Seig-neur. En toute chose il considérait le bon plaisir divin ; s'il lui survenait quelque contrariété : « La volonté de Dieu soit faite », disait-il, et il retrouvait au même instant sa sérénité.

Le F. Kraus ne séparait pas l'amour du prochain de l'amour de Dieu. Dans tous ses frères, il voyait la personne même de Notre-Seigneur : aussi se portait-il avec un joyeux empressement à leur rendre service. Il était l'homme de toutes les corvées pénibles et imprévues. Les supérieurs pouvaient toujours compter sur lui. Avec les étrangers, il n'usait pas d'une charité moins prompte ni moins dévouée. Ses paroles étaient empreintes de tant de grâce surnaturelle et de bonté, que beaucoup en subirent le charme et entrèrent dans la Compagnie.

Pour achever de le sanctifier, Notre-Seigneur lui ménagea dans les derniers temps de sa vie de douloureuses infirmités. Non content de les supporter avec une patience qui jetait le médecin dans la. stupeur, le F. Kraus y joignait encore des souffrances volontaires, afin de grossir le trésor de ses mérites et de se préparer à paraître avec plus de confiance devant Dieu. Il expira dans une grande paix à l'àge de soixante-six ans, dont il avait passé trentesix dans la Compagnie.

P.\TRiGNANi, Menol., 26 agost., p. 216.

* Le vingt-sixième jour d'août de l'an 1744, mourut à Tchangchou le P. Romain Hinderer, né à Reiningen en Alsace, l'un des plus infatigables ouvriers de la Compagnie de Jésus en Chine, deux fois visiteur de la mission et, au dire des contemporains, le plus ardent promoteur de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus après la bienheureuse Marguerite-Marie et le Vénérable P. Claude de la Colombière. Ses études terminées à notre collège de Besançon, il entra dans la Province de Haute-Allemagne, et bientôt après sollicita la faveur d'aller se join'dre aux missionnaires de la Compagnie dans le Céleste Empire. Le P. Général Thyrse Gonzalez non seulement n'accueillit pas sa demande, mais découragea même ses espérances pour l'avenir. Romain Hinderer inclina la tête avec une humble soumission, sans pouvoir faire taire la voix de ses désirs. Après une longue attente et de continuelles prières, il crut devoir parler de nouveau et. Dieu disposant lui-même la volonté des supérieurs, il fut enfin exaucé. Il avait près de quarante ans.

A son arrivée en Chine, l'empereur Cang-Hi, qui était alors dans tout l'éclat de son règne, l'associa aux Pères Régis et de Maillac pour dresser la carte de plusieurs provinces de l'empire et de l'île Formose ; il fut si satisfait des résultats de son travail qu'il voulut le retenir à Pékin et l'attacher à son service. Mais l'homme de Dieu, qui n'aspirait qu'à se dépenser au salut des âmes, sut faire agréer ses excuses au souverain et en obtint même des lettres patentes qui l'autorisaient à prêcher l'Évangile dans toute la Chine. Le P. Hinderer parcourut le Tché-kiang, le Kiang-nan et d'autres provinces et recueillit partout des fruits extraordinaires. La persécution, qui se déchaîna contre les chrétiens dans les der-

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