XXVI AOUT
Le vingt-sixième jour d'août de l'an 1649, mourut au noviciat de Brûnn le P. Martin Strzeda ou Stredonius, regardé par ses biographes, entre tous les supérieurs de la Province de Bohême, comme le plus semblable à notre Bienheureux Père saint Ignace, par l'art tout divin de gouverner et de diriger les âmes, aussi bien que par son incomparable union de cœur avec Dieu. Il était né en Silésie d'une famille profondément chrétienne. Offert dès sa naissance à la très sainte Vierge et formé à la vertu par les douces leçons et les exemples de sa mère, le pieux enfant obtint à force d'instances de recevoir à l'âge de sept ans le corps de Notre-Seigneur ; et pour s'y préparer avec plus de ferveur, il passa les trois jours précédents, du consentement de son admirable mère,, dans un jeûne absolu. Les quarante-et-une années de sa vie religieuse furent un perpétuel enchaînement d'actes de vertu récompensés par les plus précieuses faveurs. Un des compagnons du P. Stredonius résumait en deux mots cette belle vie tout entière : « Je ne vois pas, disait-il, comment un ange aurait pu vivre autrement et mieux glorifier Notre-Seigneur ».
Il conserva jusqu'à son dernier soupir et emporta dans la tombe, dit le Ménologe de la Compagnie, cette pureté de cœur qui, dès
son enfance, lui avait fait donner le nom d'ange et de saint. C'est aussi l'opinion que se formèrent de lui dans la suite les deux empereurs Ferdinand et Léopold, et qu'autorisèrent ses nombreuses prédictions justifiées par l'événement. Entre les grâces extraordinaires dont il fut comblé dans l'oraison, on le vit plusieurs fois élevé de terre. Sa charité pour les malades fut souvent bénie du ciel par des prodiges manifestes ; elle n'avait d'égale que sa rigueur pour lui-même. Il s'interdit pendant plusieurs années l'usage de la viande et du vin et pratiquait encore d'autres pénitences très rigoureuses. Après avoir gouverné les principaux collèges de sa Province et deux fois la Province tout entière plus encore par les exemples de sa sainte vie que par l'autorité de sa charge, le P. Stredonius, riche de mérites, s'envola, le jour même qu'il avait prédit, dans le sein de Dieu. Il était âgé de soixante-et-un ans.
Wencesl. Schwertfer, Vita R. P. Martini Stredonii... Pragœ^ 1673. — ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., t. 5, lib. 5, n. 143 seqq., p. 577-60.5, et passim. — Nadasi, Ann. dier., 26 aug.^ p. 125. — 1d., Pretiosœ occupât., c. 32, n. 1, p. 252. — Drews, Fasti, 26* aug., p. 330. — Cruge- Rius, Sacri Pulveres, 26* ^^f§-, P- 139. — Patrignani, Menol., 26 agost., p. 212. — Menolog. sanctor. et viror. illustr. S. J. Tyrnaviœ, 1730, 26 aug., p. 126. — Voir les différentes traductions françaises, italienne, espagn. de ce Ménol. — Balbinus, Bohemia Sancta, 2* part., tit. 60, p. 118.
* Le vingt-septième jour d'août de l'an 1678, à la maison professe de Vienne, mourut le F. Zacharie Kraus, Coadjuteur temporel, né en Moravie. Entré au noviciat de Brûnn, à l'âge de trente ans,