‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 2)Chapitre 95 sur 322 · XXVIII AOUT · texte numérisé non relu

XXVIII AOUT

Le vingt-huitième jour d'août de l'an 1634, le P. Christian Mayer mourut saintement à Trêves, où il avait rempli pendant onze ans les charges de Recteur, de Maître des novices et d'Instructeur des Pères de troisième probation. Dès ses premières études de grammaire, Dieu lui fît la grâce de trouver un saint professeur, également zélé pour l'avancement de ses élèves dans les études et dans la vertu. Charmé de l'innocence et de la piété du jeune Christian, il lui apprit à faire tous les matins une courte méditation, dont il lui donnait le sujet et les principaux développements. Une âme si bien disposée et cultivée avec tant de soin, ne tarda pas à s'enrichir des dons les plus précieux du Saint-Esprit. Dès que ses devoirs lui laissaient quelques moments libres, l'écolier se retirait loin du bruit pour faire oraison. Tous les jours de classe il assistait à deux messes, et à trois les jours de fête, avec la ferveur et la modestie d'un ange. Bientôt il se sentit vivement attiré par les joies austères de la pénitence, et en embrassa les pratiques, le cilice, le jeûne, les flagellations, avec une générosité bien audessus de son âge.

Aussitôt qu'il eut achevé sa rhétorique, Christian Mayer se hâta d'aller chercher une perfection encore plus haute au noviciat de la Compagnie. Là, sa ferveur n'eut d'autres bornes que l'obéissance. On sentait, rien qu'à le voir, une âme dont toute la vie était en Dieu, et dont le cœur n'avait pas un battement qui ne fût à Dieu. Son unique reg-ret était de ne pouvoir cacher aux yeux des hommes l'abondance des grâces qu'il recevait sensiblement. Nommé plus tard Maître des novices, et ensuite Instructeur des Pères du troisième an, il formait par dessus tout ceux qui lui étaient confiés à une vertu solide, prête à tout souffrir quand il s'agissait des âmes et de Dieu.

Il les animait à ne pas craindre par timidité ou respect humain de parler entre eux de choses spirituelles, moyen très efficace, disait-il, pour entretenir en soi-même la ferveur, et enflammer les autres du même zèle pour la perfection. La plupart des saintes pratiques qu'il leur inculquait, nous ont été conservées dans son précieux Enchiridion de la vie chrétienne et religieuse. La mémoire du P. Christian Mayer demeura longtemps en bénédiction dans les deux Provinces du Rhin, et plusieurs miracles éclatants obtenus par ses mérites, confirmèrent la haute idée que l'on avait conçue de sa sainteté. Il mourut à l'âge wtle cinquante ans; il en avait passé trente-deux dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunct. Prov. Rhen. Infer. (Arch. Rom.). — Sotuellus, Biblioth.., p. 136. — Patrignani, Menolog., 28 agost., p. 227. — SommervoGEL, Biblioth., t. 5, t. 793. — Brouwer S. J., Metropolis ecclesiœ Trevericœ... t. 2, Confluentibus, 1856, lib. 5, c. 9, p. 294.

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