‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 104 sur 327 · III MARS. P. JEAN NADASI · texte numérisé non relu

III MARS. P. JEAN NADASI

Litterœ nnn. Societ. Jesu, ami. 1596, p. 101. — Schmidl, Histor. Provinc. Bohem., t. 1, lib. 2, «, 160, p. 175; lib. 3, «. 56, /;. 225; n. 66, /;. 229; t. 2, lib. 1, n. 144, p. 105. — Sotuellus, Biblioth., p. 634. — SoMMERvoGEL, BibUoth., t. 7, p. 475. — Pelzel, Boemische Gelehrle..., p. 7. — Gruger, Sacri Pulveres, 11^ s<?^^., /j. 54.

* Le troisième jour de mars de l'an 1679, mourut à Vienne dans la maison professe le P. Jean Nadasi, de Tyrnau en Hongrie, l'un des écrivains les plus laborieux et les plus érudits de l'ancienne Province d'Autriche, et dont on peut dire qu'il a bien mérité de la Compagnie tout entière. Dans une multitude d'ouvrages et d'opuscules dont plusieurs ont été souvent réimprimés et traduits en différentes langues, il a glorifié tour à tour la Très Sainte Trinité, Jésus-Christ Notre-Seigneur, Marie la reine du ciel, saint Joseph, les saints Anges, puis nos saints et nos grands hommes, les uns mart3TS de la foi sous le fer des bourreaux ou de la charité au chevet des malades, les autres religieux d'une vertu éniinente, dignes d'être proposés à l'imitation des enfants de saint Ignace. Il était entré au noviciat dès l'âge de quatorze ans ; mais ([uand vint l'époque de prononcer ses vœux, il était si petit qu'il paraissait un enfant ; les supérieurs ne crurent pas pouvoir l'admettre, et le renvoyèrent dans sa famille. Jean ne se découragea pas et tout en faisant son cours de philosophie, il recommanda sa cause à saint François Xavier. Sa confiance ne fut pas déçue. Au bout de trois ans il se présenta de nouveau, avec la stature d'un jeune homme de son âge cette fois, et fut admis.

Après une brillante régence de grammaire et de rhétorique, et

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de solides études de théologie couronnées par une soutenance publique au Collège Romain, Jean Nadasi fut chargé d'enseigner à son tour les hautes sciences dans l'université de Tyrnau. Mais il aspirait à porter le nom de Jésus-Christ aux nations infidèles ; il en fit la demande au Père Général, qui loua ses désirs sans les exaucer. Pour se dédommager en quelque manière, il joignit à son enseignement les œuvres de zèle et de charité, le catéchisme aux petits enfants, la visite des malades dans les hôpitaux, l'assistance des pauvres. Puis il fut tout à coup appelé à Rome pour remplir l'oflice de Père spirituel au Collège Germanique, et peu après celui de Substitut du Père Secrétaire sous les Pères Goswin Nickel et Jean-Paul Oliva. C'est dans ce dernier emploi qu'il écrivit les Lettres annuelles de 1650 à 1634 et, en dépouillant nos archives, amassa les documents qui lui servirent à composer sur les hommes et les choses de la Compagnie tant d'ouvrages si précieux et pour lesquels il est juste, à l'exemple du P. Patrignani dans son Méiioioge, de lui témoigner ici notre gratitude.

De retour dans sa Province après sept ou huit ans, et chargé de la direction spirituelle des Nôtres au collège de Vienne, le P. Nadasi eût volontiers consumé le reste de sa vie dans ce ministère, que son amour pour la Compagnie lui rendait très cher, lorsque l'impératrice Eléonore, veuve de l'empereur Ferdinand 111, le demanda pour confesseur. L'humble religieux vécut à la cour comme dans sa cellule, partageant ses journées entre les devoirs de sa charge, la prière et l'étude, modèle accompli de modestie, de gravité, de désintéressement et d'éloignement du monde. Parmi ses frères, il était, dit le P. Patrignani, un miroir de régularité ,• tous lui rendaient ce glorieux témoignage qu'on ne le vit jamais man-

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