‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 109 sur 327 · VI MARS · texte numérisé non relu

VI MARS

Le sixième jour de mars de l'an 1643, mourut à Prague le P. Thomas Luttring, premier supérieur de la maison professe de cette ville. Ses grandes vertus, sa doctrine, sa connaissance des voies de Dieu lui firent confier pendant plus de trente ans la mission si importante de former ses frères à l'esprit de la Compagnie. C'était un homme d'oraison, perpétuellement uni de cœur avec Dieu et qui, selon l'expression de son biographe, ne cessa de prier qu'en cessant de vivre. Sur son lit de mort et près de rendre le dernier soupir, la langue enchaînée et impuissante à faire entendre une parole, on le voyait encore agiter les lèvres et balbutier de suprêmes invocations.

Nul aussi n'avait mieux compris la leçon du Sauveur : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ». Un mot échappé de sa bouche avec quelque vivacité ou émotion aurait paru un prodige, disait-on, tellement il savait se contenir. Cette mansuétude ne l'empêchait pas de trouver pour flétrir le vice des accents pleins d'une généreuse indignation. Le mal et tout ce qui sentait l'offense de Dieu lui inspirait une sorte d'horreur. Pour conserver dans tout son éclat la parfaite pureté de son àme, aux moyens ordinaires, la présence habituelle de Dieu, une très rigoureuse pénitence.

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