VI MARS. P. HENRI KELLERHAUS
la garde sévère de ses sens, le P. Luttring joignait la pratique de la confession générale renouvelée tous les mois. Sa piété envers la très sainte Vierge était toute filiale ; cette bonne Mère l'avait guéri miraculeusement d'un mal dangereux pendant son noviciat. Par reconnaissance et par amour, il se voua tout entier à son culte j il établit dans notre église de Prague la célèbre image connue sous le nom de Notre-Dame de Foye. Cette même dévotion ne tarda pas à se répandre dans toute la Bohême, où elle devint, comme en Belgique, son lieu d'origine, la source d'une multitude extraordinaire de prodiges. Le P. Luttring mourut très saintement à l'âge de soixante-trois ans, dont il avait passé quarante-trois dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bokem., l. 3, llb. 4, n. 181, p. ~0'.\; lib. ."), n. 157, p. 945 ; t. 5, llb. 4, n. 45, p. 68. — Gumppenber(;, S. J., Allas marianus, imag. 438, p. 538.
* Le sixième jour de mars de l'an 1731, mourut à Lintz en Autriche le P. Hexri Kellerhaus, né à Bûren en Westphalie, un des prédicateurs les plus remarquables de sa Province au commencement du dix-huitième siècle. Il avait pris saint Jean Chrysostome pour modèle et ne cessait de lire et d'étudier les œuvres du grand orateur, pour y puiser non seulement des leçons d'éloquence, mais encore de magnifiques exemples de zèle et d'esprit apostolique. 11 occupa vingt-cinq années de suite les principales chaires de l'empire, à Lintz, Gratz, Vienne, et prêcha sept ans à la cour en présence de l'impératrice Amélie.
Au milieu des applaudissements qui accueillaient sa parole, le P. Kellerhaus demeurait simple, modeste, alîable envers tous. Personne n'était plus obéissant, plus jaloux des délicatesses de la pauvreté et de la charité fraternelle, plus fidèle à toutes les pratiques de la mortification. Très uni à Dieu, il ajoutait souvent une seconde heure h celle de son oraison de chaque jour. La récitation de l'office le remplissait d'une très douce consolation. Dans ses dernières années, atteint d'une cécité presque complète, il ne put se résoudre à se dispenser de ce tribut quotidien, et quand il n'avait pas de compagnon pour prier avec lui, il y consacrait sans regret et sans ennui jusqu'à six heures entières. Son amour pour le divin sacrement de l'autel, était véritablement insatiable. Ce fut sans doute en récompense de cette faim et de cette soif si ardente, que Notre-Seigneur lui accorda la grâce d'offrir encore le snint Sacrifice le jour qui précéda sa sainte mort. Le P. Luttring expira très saintement à l'âge de soixante-et-un ans, dont il avait passé quarante-deux dans la Compagnie.
Elogîiim P. Henrici Kellerhaus (Arc/iiv. Rom.). — Stôger, Scri/jtor. Pros'inc. Aiistr., p. 178. — Sommervogel, Biblioth., t. 4, p. 998.