‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 120 sur 327 · XII MARS · texte numérisé non relu

XII MARS

Le douzième jour de mars rappelle la mémoire de trois illustres missionnaires de la Province d'Autriche, morts en grande réputation de zèle et de piété, le P. Emeric Allô, dans les missions de Transylvanie en 1698, le- P. Antoine Khabes à Vienne en 1771, et le P. Jean Raicsam à Tyrnau en 1733.

Le P. Emeric Allô, né dans une des îles du Danube, d'une noble famille hongroise, s'était enfui, comme saint Stanislas, pour répondre à l'appel de Dieu, et n'avait échappé qu'à grand'peine à une troupe de gens armés que son tuteur avait mis à sa poursuite. Dès son noviciat, il s'exposa généreusement à la mort pour soigner quelques-uns de ses frères atteints d'une maladie contagieuse . A peine élevé au sacerdoce, mais déjà éprouvé par l'exil, la guerre et la famine, il obtint en partage la rude mission de Transylvanie. Il y trouva bientôt une glorieuse mort ; il fut tué à coups d'épée par les soldats mêmes confiés à ses soins et qu'il reprenait de leurs désordres avec la liberté d'un apôtre.

Le P. Antolne Khabes, dont les précieux restes plusieurs années après sa mort n'avaient pas encore subi les atteintes de la corruption, était l'apôtre de Vienne. 11 dirigea la grande congrégation de la maison professe pendant plus de trente-cinq ans. A toutes

les heures du jour et de la nuit, il était prêt à voler au secours des malades. On raconte qu'une nuit il fut à plusieurs reprises appelé par un être invisible pour assister un pécheur moribond, depuis longtemps endurci dans le crime, et qui n'avait g-ardé d'autre pratique de religion qu'une courte prière adressée chaque jour à sainte Anne. Il le confessa, lui donna les derniers sacrements et eut la consolation de le voir mourir en prédestiné.

Le P. Jean Raicsani, préluda, par le soin des écoliers pauvres de Kaschau et de Tyrnau, à toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle qui devaient rendre son nom si cher aux Hongrois. Il mendiait lui-même à leur place, pour les nourrir et leur permettre d'étudier. Mais ce fut surtout à Klausenburg que sa charité fit des prodiges pour arrêter les ravages de la peste, de la guerre et de l'hérésie. Notre-Seigneur sembla vouloir récompenser son zèle d'une manière sensible ; car il l'appela au ciel le jour même où, quinze ans auparavant, le serviteur de Dieu avait remporté sur les Ariens une insigne victoire, en posant à Klausenburg môme la première pierre d'un temple magnifique en l'honneur de la Très Sainte Trinité. Le P. Raïcsani mourut à l'âge de soixantetrois ans, dont il avait passé quarante-cinq dans la Compagnie.

P. Émeiuc Allô. — Stùgeii, Sci-iptor. Provinc. Aiistr., p. 9. — Som- MERvoGEL, BibUotli., t. 1, p. 183.

P. Antoixe Khabes. — Stôger, Oj). cit., p. 181. — Sommervogel, t. 4, p. 1025.

P. Jean Raicsani. — Littcr. nnn. Provinc. Aiiatr. ann. 1733, p. 111 (Archiv. Rom.). — Kazy, Histor. Universit. Ti/rnav., p. 327. — Stôger,

Op. cit., p. 290. SOMMEKVOGEL, /. 6, p. 1402.

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