XII MARS. F. GEORGES SCHERTLEM. 22S
* Le douzième jour de mars de l'an 1605, au noviciat de Trêves dans la Province du Bas-Rhin, mourut le F. Georges Schertlem, après avoir prononcé sur son lit de mort les vœux simples des Scolastiques. Aux grâces aimables de la jeunesse, aux qualités les plus heureuses de l'esprit, il joignait les belles et solides vertus de modestie, de piété, d'obéissance et une angélique pureté. Mais Dieu, remarque le P. Nadasi, sembla ne l'avoir conduit à la Compagnie, que pour le rappeler à lui, après un an et demi de noviciat, par une mort de prédestiné. En effet, à peine eut-il prononcé ses vœux de dévotion, qu'il fut inondé d'une joie très vive et sentit comme un avant-goût du ciel. Oubliant et sa maladie et ses souffrances, il ne cessait de répéter : « Béni soit Dieu toute l'éternité ! Bénissons le Père, le Fils et le Saint-Esjjrit ! Béni soit Dieu de m'avoir amené à cette heure bienheureuse ! » Et dans ce chant d'amour et de reconnaissance, le F. Georges Schertlem expira.
Litières annuse Societat. nnn. 1605, p. 06 1. — Nadasi, Annus dier. meniorab., 12 mart., p. 136.
* Le douzième jour de mars de l'an 1735, mourut au collège de Ratisbonne le P. Charles de Maillardoz, né à Rue dans le canton de Fribourg, d'une famille également illustre par sa noblesse, les hautes charges qu'elle occupa, et ses vertus. 11 se pénétra de bonne heure de cette maxime que toute la vie d'un religieux de la Compagnie doit être ordonnée à la plus grande gloire de Dieu, et jus- A. g. I. — T. I. — 29.
qu'à son dernier jour, il en fît sa règle unique de conduite. Après quelques années d'enseignement, il fut appliqué à l'œuvre des missions. Pendant plus de vingt ans, il parcourut tour à tour la Suisse et la Souabe ; il pénétra jusqu'en Bohême, et ne donna pas moins de trois cents missions, recueillant partout des fruits immenses pour la plus grande gloire de Dieu. L'enfer et les hommes essayèrent plus d'une fois d'entraver ses efforts et de l'effrayer ; il brava leurs menaces et surmonta tous les obstacles avec une intrépidité d'àme et une constance invincibles.
En même temps qu'il travaillait à la réforme des peuples, il s'efforçait aussi, par le moyen des Exercices spirituels, de ramener le clergé, et surtout les pasteurs, à la perfection de la vie sacerdodotale; il prêcha plus de cent soixante retraites aux prêtres et aux communautés religieuses. Ces œuvres apostoliques ne prenaient qu'une partie de l'année. Le reste du temps, le P. de Maillardoz devenait l'homme du confessionnal, où il passait d'ordinaire huit heures par jour. Au reste, à quelque moment qu'on l'appelât, le jour ou la nuit, il quittait tout pour répondre sur-le-champ. Qui sait, disait-il, si un retard ne serait pas cause que quelque pécheur, las d'attendre et poussé par le démon, perdît courage et s'en allât, la conscience chargée de ses crimes et en danger de se perdre pour l'éternité ?
C'est à la flamme de l'amour de Dieu et dans l'oraison qu'il échauffait l'ardeur de son zèle. Après quatre heures de sommeil au plus, il se mettait en prière ; pendant ses courses en Bohême, il se reprocha comme une lâcheté d'avoir quelquefois prolongé son repos jusqu'à trois heures du matin. De haute stature et presque toujours occupé à des ministères qui demandaient un grand dé-