XV MARS. P. PAUL UGROCY
tolat avec une intrépidité que rien n'était capable d'effrayer ; et lorsqu'il succomba sous le poids de ses fatigues, à l'âge de trente-six ans, les hérétiques eux-mêmes, gagnés peu à peu par sa douceur, le pleurèrent comme le modèle de la charité apostolique. Le P. Pfeilschmidt avait passé dix-sept ans dans la Compagnie.
ScHMiDL, Histor. Provinc. Bohem., part. 4, lib. 2, p. 455 seqq. ; lib. 3,
* Le quinzième jour de mars de l'an 1696, expira très saintement dans la mission de Léopolstadt en Hongrie, le P. Paul Ugrocy, enlevé par une mort prématurée à l'âge de trente-six ans, dont il avait passé quinze dans la Compagnie. Il était né de parents hérétiques ; mais en suivant les classes d'un de nos collèges, il avait ouvert les yeux à la lumière de la vérité ; peu après, il avait dit adieu au monde et s'était enrôlé sous l'étendard de saint Ignace. Dès ce moment, il contracta avec Notre-Seigneur une union, que la prière et le détachement des créatures rendirent chaque jour plus étroite et qui devint le principe des plus belles vertus, l'humilité, l'obéissance, le parfait domaine sur tous les mouvements de ses passions, et un zèle ardent pour le salut des Ames.
Le P. Ugrocy ne fit pour ainsi dire qu'apparaître un moment au milieu des ouvriers évangéliques ; mais dans ce court espace de temps, il eut la gloire de remporter sur le vice et l'hérésie de nombreuses et éclatantes victoires. L'espérance d'arracher une àme à l'enfer le remplissait de joie \ et il ne se donnait point de repos
qu'il no l'eût ramenée repentante et soumise entre les bras de Dieu.
Frid. Weiser, Vitœ Patruin in Hungnrlo, p. 82.
* Le quinzième jour de mars de l'an 1711, mourut au Mexique dans la mission de Sainte-Marie-Madeleine le P. Eusèbe François KiNO né dans le Tyrol aux environs de Trente. Guéri d'une maladie mortelle par saint François Xavier, il était parti pour évangéliser les nations encore infidèles du Mexique ou Nouvelle-Espagne, et peu après son arrivée, avait été envoyé en Californie avec le double titre de missionnaire et de cosmographe du roi d'Espagne, Charles II. 11 resta quelques années dans ce pays où il fonda plusieurs chrétientés et fit d'importantes découvertes ; ainsi le premier de tous il reconnut et établit d'une manière certaine que la Californie est une péninsule et non une île. Mais le théâtre principal de son zèle apostolique fut la vaste région de la Sonora dans le Mexique môme.
Il est impossible de dire tout ce qu'il y supporta de fatigues pendant vingt-cinq ans. Sans cesse en mouvement pour le salut des âmes, racontent les historiens, il ne parcourut pas moins de vingt mille milles ; il apprit une multitude de langues, annonça l'évangile à quinze nations barbares et baptisa plus de quarante-huit mille idolâtres. Il établit de nouveaux centres de missions, enseigna aux néophytes les arts de la civilisation, introduisit la foi dans la Pimeria, pénétra jusqu'aux régions encore inexplorées qui s'étendent au delà du Rio Colorado, et sans les contradictions et les