‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 130 sur 327 · XV MARS. P. GEORGES ÏÔNNEMAN · texte numérisé non relu

XV MARS. P. GEORGES ÏÔNNEMAN

calomnies qui entravèrent plus d'une fois son activité, il aurait accompli des merveilles encore plus grandes. Plusieurs ouvriers, après sa mort, ne purent soutenir le fardeau que cet incomparable apôtre avait porté seul pendant un quart de siècle.

Dieu lui avait donné une grâce particulière pour se concilier l'amour et le respect des peuples les plus barbares ; il voyageait dans leur pa3S avec autant de sécurité que dans les régions les plus chrétiennes, privilège que ses successeurs ont conservé jusqu'à nos jours. Dans ses courses interminables à la recherche des âmes, le P. Kino ne prenait avec lui qu'un peu de maïs rôti ; il dormait sur la dure tout habillé, priait une partie de la nuit, se flagellait à outrance, et le long du chemin, s'entretenait avec Dieu ou chantait des cantiques. Enfin les forces épuisées, le vaillant missionnaire, digne imitateur de l'apôtre des Indes, alla recevoir la récompense que lui avaient méritée tant de travau.x ; il était dans la soixante-septième année de son âge et la quarante-sixième depuis son entrée dans la Compagnie.

Franc. -Xw. Clavigero, Sloria délia California, t. 1, p. 263. — Apostolicus afanes S. J., lib. 2, cap. 4 et suiv., pp. 242-328. — Franc. -Xav. Alegre, Historia de la Compahia de Jésus en Nueva-Espaha^ t. o, p. 1.55. — SoMMERvoGEL. BibUot/i., t. 4, p. 1044. — P. Charl. Platzweg, s. .1., Lebensbilder deutscher Jesuilen in Auswdrtigen Missionen, p. 171.

* Le quinzième jour de mars de l'an 1740, mourut à Vienne le P. Gui Georges Tônneman, de Korvey en Westphalie, grand et saint religieux que les annales du collège de Biiren, dont, il était le bienfaiteur, appellent a magnum Societatis ornanientum ac columen, l'or-

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nement et l'appui de la Compagnie ». Après avoir enseigné la philosophie à Munster, et soutenu avec autant d'énergie que d'habileté les droits du collège du Bûren contre les attaques de nombreux et puissants adversaires, il fut nommé confesseur du duc de Lorraine. A la mort de ce prince, l'empereur Léopold le choisit pour diriger la conscience de son fds, qui régnait alors en Espagne et ceignit plus tard la couronne impériale sous le nom de Charles VI. Le P. Tônneman demeura trente-quatre années entières, c'est-à-dire jusqu'à sa mort, chargé de cette délicate fonction, et se concilia dans un rare degré la confiance, l'estime et la pieuse affection de son illustre pénitent. On en vit une preuve touchante dans sa dernière maladie. Charles VI vint le visiter et s'entretint longuement et familièrement avec lui ; et quand le serviteur de Dieu eut rendu le dernier soupir, le souverain manifesta hautement sa douleur et déclara que nulle perte ne lui avait été plus sensible.

Le P. Tônneman méritait ces glorieux témoignages. Tout en lui, dit l'auteur de sa notice, était excellent ; il avait la régularité d'un novice, une union de cœur continuelle avec Dieu, une parfaite tranquillité d'àme et possession de lui-même au milieu des plus graves affaires, une modestie et une simplicité que l'atmosphère de la cour et le contact des grandeurs n'altérèrent jamais ; une prudence et une discrétion incomparable, et ce qui tient du prodige, ajoute le biographe, il échappa à tous les traits de la malignité et de l'envie. Le P. Tônneman mourut très saintement dans la quatre-vingt-unième année de son âge et la soixante-troisième depuis son entrée dans la Compagnie.

Sunimar. vitœ defunctov. Provinc. Rlicni Infevior. (Arc/iiv. Rom.}.

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