‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 134 sur 327 · XVII MARS · texte numérisé non relu

XVII MARS

Le dix-septième jour de mars de l'an 1685, mourut à Schweidnitz, le P. Georges Circk, né à Glogau en Silésie. Dès ses premières années de vie religieuse dans les collèges, et plus tard au milieu des hérétiques dans les missions, il mérita par son dévouement d'être regardé comme l'homme de toutes les corvées, au service de Dieu, de ses frères et des Ames. Un jour cependant, qu'épuisé de forces, il était de plus en proie, au fond de l'àme, à une cruelle désolation, il alla se jeter aux pieds de Notre-Seigneur et avec une familiarité confiante : « Vous voyez, ô mon Dieu, lui ditil, que je n'en puis plus ». Mais aussitôt, il entendit le Sauveur qui lui répondait : « J'ai souffert encore plus, encore plus, encore plus pour toi ! Plura^ plura, plura pro te passus sum ! » En même temps une vive lumière partie du saint tabernacle l'investit tout entier : « Je demeurai, disait-il à son supérieur en lui faisant part de cette grâce, prêt à tout souffrir désormais avec patience, pour l'amour de celui qui aura toujours infiniment plus souffert pour moi ! »

Le P. Circk portait un tendre amour à sa vocation et au vêtement même de la Compagnie. Quand il était seul dans les missions, loin des yeux des supérieurs, exposé à mille périls, ce vê-

tement, disait-il, lui servait d'admoniteur, de frein, de témoin de toutes ses actions. Mais c'est dans ses maladies surtout qu'il tenait à ne pas s'en séparer. La gêne de dormir tout habillé ne lui était rien, disait-il encore ; il en était amplement dédommagé par la confiance dont il se sentait animé à la pensée qu'il mourrait revêtu de cette armure impénétrable aux traits de l'ennemi. Le P. Circk expira saintement à l'âge de soixante-seize ans ; il en avait passé quarante-huit dans la Compagnie.

Patrignani, Menai., 17 marzo, p. 122.

* Le dix-septième jour de mars de l'an 1687, mourut à Porrentruy en grande réputation de sainteté le F. Jean Kessler, Coadjuteur temporel, né à Wurtzbourg. Il était doué des plus heureuses qualités, et rendit comme architecte de très utiles services à sa Province. Loin de se prévaloir de ses talents, il s'estimait indigne de vivre dans la Compagnie, et s'étonnait qu'on l'eût admis au noviciat; il était prêt à tous les offices domestiques ; souvent même, ainsi qu'il arrive dans les maisons peu nombreuses, il devait les remplir presque tous à la fois. Aucun travail, si accablant qu'il fût, ne le détournait de la prière et de la présence de Dieu ; lorsqu'il le pouvait, son bonheur était d'entendre ou de servir plusieurs messes.

Le F. Kessler avait une très grande dévotion aux âmes du purgatoire ; on assure que plus d'une fois ces âmes souffrantes vinrent sensiblement lui demander ses prières. Au reste, les grâces extraor-

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