‹ Ménologe de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 133 sur 327 · XVI MARS. P. GEORGES SPINCKO · texte numérisé non relu

XVI MARS. P. GEORGES SPINCKO

homme dut céder, mais n'abandonna pas son projet ; et à force de constance, de prières et de larmes, il obtint enfin la permission si ardemment désirée.

Georges Spincko justifia les espérances qu'une telle générosité avait fait concevoir. Il occupa vingt-sept ans la chaire sacrée à Olmutz, à Brûnn, et à Vienne devant l'empereur Ferdinand III ; partout sa parole vivifiée par l'esprit de Dieu changea et convertit une multitude de pécheurs et d'hérétiques. Son apostolat au milieu des camps ne fut pas moins fructueux. Le général en chef des armées impériales, le célèbre MontecucuUi, le choisit pour confesseur et en fit son ami ; à son exemple, une foule d'officiers supérieurs lui confièrent le soin de leur conscience. Les soldats le vénéraient et l'aimaient ; il les avait séduits par son intrépidité au feu : dans une bataille, il avait eu son cheval tué sous lui ; une autre fois, il avait sauvé la vie au capitaine général des gardes. Sa charité avait achevé de les gagner. Il possédait des connaissances assez étendues en médecine ; il les mit à leur disposition et, Dieu bénissant ses remèdes et son zèle, il guérit un grand nombre de malades. C'était un prélude et une préparation à la guérison des âmes. Sans parler des catholiques qu'il arracha au péché et à l'enfer, il eut la consolation de ramener à la sainte Eglise plusieurs centaines de soldats hérétiques avec leurs officiers.

Supérieur des Nôtres pendant dix ans, le P. Spincko porta dans son gouvernement la sollicitude et la tendresse d'un père. Mais sa bonté n'était pas mollesse ; c'est par l'observation de la règle qu'il faisait régner la joie et la dilatation des cœurs. On admirait son incomparable charité pour ceux de ses frères qu'il savait tentés contre leur vocation ; il en sauva plusieurs qui étaient sur le point

de retourner au monde. A la mort du P. Oliva, Général de la Compagnie, la Congrég-ation provinciale de Bohême, suivant l'usage, s'était réunie à Prague. Le P. Spincko s'y était rendu pour prendre part à ses travaux. C'est là que Notre-Seigneur rappela à lui son bon et fidèle serviteur ; le saint vieillard s'éteignit doucement, ces belles paroles sur les lèvres : Quod vult Deus, comme il plaira à Dieu. 11 était dans la soixante-et-onzième année de son âge et la cinquantième depuis son entrée dans la Compagnie.

Summar. vitœ defunctor. Provinc. Bohein. (Archiv. Rom.).

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