XXII MARS
Le vingt-deuxième jour de mars rappelle le souvenir du P. Jean AscHERMANN, de Littau en Moravie, mort au collège d'Olmutz en 1588. Les premiers apôtres de la Compagnie en Pologne et en Allemagne, si étonnants par le nombre et la grandeur de leurs travaux, ne pouvaient cependant voir sans admiration tout ce que parvenait à accomplir le P. Aschermann, grâce à Testime et à l'emploi qu'il savait faire de son temps ; il le dépensait pour Dieu sans mesure, mais il n'en avait jamais que pour Dieu. Il savait aussi le grand art de se multiplier lui-même par l'ardeur qu'il inspirait à ses pénitents et à ses auditeurs pour toutes les œuvres de charité.
Quand la peste se déclara à Vienne en 1583, il se consacra sans réserve au service des malades et des moribonds ; et le spectacle de son dévouement joint aux appels entraînants de sa parole, procura de larges secours aux victimes du fléau. Envoyé ensuite à Olmutz, il y continua ses œuvres de zèle ; mais ses forces n'étaient plus entières. Dans une de ses visites à l'hôpital, il fut atteint d'un mal qui le réduisit bientôt à l'extrémité. Le saint religieux vit venir la mort avec joie ; et cette joie se répandit de son cœur dans celui de ses frères quand, au moment de rendre le dernier soupir, recueillant ce qui lui restait de forces pour ce-
lébrer les louanges Je Notre-Dame, il entonna doucement VAi^e maris Stella, et ces paroles bénies encore sur les lèvres, il expira. Il avait passé trente-et-un ans dans la Compagnie.
Sacchinus, Histor. Soc. Jesu, part. 5^ , lib. 8, n. 78, p. 386. — Litter, ann. Societ. Jcsu, nnno 1588, p. 123. — Socherus, Histor. Prov. Austr., lib. 7, n. 215, p. 307, — Schmidl, Histor. Provinc. Bohein., part. 1^ , lib. 6, n. 46, p. 571. — Rostowski, Lituanicar. S. J. histor., p. 13.
* Le vingt-deuxième jour de mars de l'an 1734, mourut à Baden dans la Province du Haut-Rhin le Frère Coadjuteur Jean Storck, d'Aschafîenburg. Animé d'un grand désir de quitter le monde et de se donner tout à Dieu, il avait à plusieurs reprises sollicité son admission au noviciat ; les supérieurs lui avaient toujours répondu d'une manière dilatoire. A la fin lassé d'attendre et résolu à forcer quand même la porte qui lui était fermée, Jean Storck recommanda sa cause à celle qui est la Mère et la Reine de la Compagnie, et prit le chemin de Rome. Ne croyant pas pouvoir acheter trop cher une grâce si précieuse, non seulement il fit cette longue route à pied, mais par un surcroît de mortification, il enleva la semelle de ses chaussures et marcha pieds nus . Une si généreuse constance méritait d'être récompensée.
Devenu l'enfant de saint Ignace, le F. Storck se dépensa sans réserve dans l'obscur et laborieux emploi de cuisinier, qui lui avait été assigné. Il y épuisa bientôt sa vie. Sur le point d'expirer à trente-quatre ans, il rayonnait de joie. Il avait demandé trois grâces à la sainte Vierge, disait-il avec un inexprimable sentiment