XXI MARS
* Le vingt-et-uniènie jour de mars de l'an 1074, mourut à Mayenee le P. Maximilien Habersack, de Wurtzbourg-, emporté prématurément à l'âge de trente-quatre ans, dont il avait passé dix-huit dans la Compagnie. C'était un religieux d'une science et d'une vertu également insignes. Outre l'hébreu et les langues classiques de l'antiquité, il savait plusieurs langues modernes, possédait des connaissances étendues en littérature, mathématiques, philosophie, théologie, et était doué d'un remarquable talent de parole. Autour de sa chaire, dans l'église cathédrale de Mayenee, il réunissait toujours une foule nombreuse et si avide de l'entendre, dit l'annaliste, qu'elle en oubliait la nourriture du corps. Loin de tirer vanité de ces succès, le P. Habersack ne cherchait qu'à s'humilier et, dès qu'il en trouvait l'occasion, à se dépenser dans les ministères les plus obscurs. Il aimait la pauvreté comme une mère et, suivant à la lettre la recommandation de la règle, il réclamait pour lui ce qu'il y avait de plus vil dans la maison. Une misérable chaise en bois pour siège, une simple natte pour lit composaient son mobilier. Avant de recevoir le saint viatique, il essaya d'obtenir qu'on lui
donnât la discipline ; et comme on s'y refusait, il demanda qu'on voulût bien au moins répandre des cendres sur sa tête, « se Societatis peripsema dicens, omnium pedihus merito proterendum, ; car il était, disait-il, la honte de la Compagnie, digne d'être foulé aux pieds de tous ses frères ».
Summar. vitœ defunctor. Provinc. Rheni Superior. {Archiv. Rom.j.